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22.12.05

Le Who's Who des "Nouveaux Russes" installés au Royaume-Uni

Boris Berezovski, Roman Abramovitch, la fille de Boris Eltsine : les plus célèbres des "oligarques" russes ont acheté un pied-à-terre à Londres, voire y ont élu domicile, pour assurer leurs arrières.

Après la révolution d'Octobre 1917, les aristocrates russes fuyant les Bolchéviks avaient émigré principalement en France. Dans les années 70 et 80, les Soviétiques qui s'exilaient allaient en Israël ou aux Etats-Unis.

Aujourd'hui, Londres semble être la terre d'asile préférée des Russes, comme résidence principale pour des exilés ou comme pied-à-terre en Occident, pour y faire des affaires ou avoir une issue de secours si les choses tournaient mal en Russie.

250.000 Russes résident au moins épisodiquement en Grande-Bretagne, selon Eventica, qui organise le Forum économique russe et le festival russe de Londres.

Le sulfureux Boris Berezovski a montré l'exemple en obtenant l'asile politique en Grande-Bretagne en 2003. Ancienne éminence grise de Boris Eltsine, ce "ploutocrate" a fait fortune grâce aux privatisations controversées des années 90 avant de tomber en disgrâce et de quitter la Russie.

Le plus célèbre des oligarques, Roman Abramovitch, a vendu ses actifs en Russie et réside à Belgravia avec sa femme et ses cinq enfants, dans une maison évaluée à 11 millions de livres (16,4 millions d'euros), selon The Independent.

A 38 ans, avec un patrimoine estimé à 7,5 milliards de livres (11,2 milliards d'euros), il est la première fortune britannique, croit savoir le Sunday Times, dépassant d'une bonne coudée le numéro deux, le duc de Westminster, grand propriétaire foncier et figure de l'establishment.

La "ballerine" d'Abramovitch, et son sésame ouvrant la voie à la respectabilité, est le club de football de Chelsea, surnommé "Chelski", racheté en 2003 et devenu champion d'Angleterre, après qu'il y ait investi près de 600 millions d'euros.

Le baron du pétrole Leonard Blavatnik est désormais voisin de l'ambassadeur de France avec sa demeure de 41 millions de livres (61 millions d'euros) dans une allée très chic, et très sûre, Kensington Palace Gardens.

Parmi les autres oligarques qui ont un pied-à-terre en Angleterre figurent Vladimir Potanine, l'inspirateur des privatisations douteuses de Russie dans les années 90, le magnat de l'aluminium Oleg Deripaska ou la fille de l'ancien président Eltsine, Tatiana Diatchenko, écrit le Guardian, qui titrait récemment "pourquoi accueille-t-on ces requins de l'industrie en Grande-Bretagne ?".