Une présentatrice télé russe écartée de l'antenne va en justice
Olga Romanova est journaliste, russe et pugnace. Interdite d'antenne sur la chaîne de télévision Ren-TV la semaine dernière, elle a annoncé mardi qu'elle avait déposé plainte contre ses employeurs. «Je veux créer un précédent et voir si les lois russes sont appliquées en Russie», a-t-elle lancé lors d'une conférence de presse à Moscou.
Jeudi dernier, trois gardes du corps attendaient Romanova à son arrivée au siège de la télé, - la seule a avoir gardé une ligne éditoriale indépendante vis-à-vis du Kremlin. Un ordre verbal du nouveau directeur général de la chaîne, Alexandre Ordjonikidzé, lui interdisait de présenter son émission d'actualité du soir.
La journaliste estime que la direction l'a «punie» pour avoir publiquement parlé de la censure sur la chaîne. Un sujet sur le fils du ministre de la Défense Sergueï Ivanov, qui a tué un piéton dans un accident de voiture, a été passé à la trappe la semaine dernière. «J'ai dit à l'antenne que c'était une histoire importante que les gens avaient le droit d'entendre», a expliqué Romanova à l'agence Reuters. «Un peu plus tard, on m'a dit qu'on ne voulait plus de moi.»
Elle assure aussi qu'une Audi noire la suit depuis qu'elle a déposé sa plainte en justice. «Je crains pour ma sécurité et celle de mes deux enfants», a-t-elle insisté. «Je ne voudrais pas connaître le même sort que Paul Klebnikov», un journaliste américain assassiné en juillet 2004 à Moscou.
Ren-TV a changé de propriétaire en juillet, passant sous la coupe de groupes proches du Kremlin. Invoquant des changements de programmation, la nouvelle direction a démenti toute intervention politique. Selon le quotidien The Moscow Times, le directeur de REN-TV a proposé une nouveau job à Olga Romanova.


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