Les Etats-Unis accusent la Russie de restreindre les droits de l'homme
"L'ennemi aux portes", selon le quotidien Kommersant, "Dick conférencier, les Etats-Unis essaient de créer une CEI alternative" d'après Vremia Novostei : les journaux russes répondaient ainsi, vendredi 5 mai, aux attaques particulièrement virulentes lancées la veille par le vice-président américain, Dick Cheney, à la tribune d'un sommet consacré, à Vilnius (Lituanie), aux relations de l'Union européenne et de l'OTAN avec les pays de l'ancien bloc soviétique.
Devant un parterre acquis à sa cause, Dick Cheney a stigmatisé le régime de Vladimir Poutine sur la question des droits de l'homme et de la démocratie. "De manière abusive et déplacée, le gouvernement russe restreint les droits. (...) Personne ne peut justifier les actions qui ébranlent l'intégrité territoriale d'un voisin ou entravent des changements démocratiques", a-t-il déclaré. Cette rencontre rassemblait plusieurs hauts responsables des pays baltes et du Caucase du sud, ainsi que le Haut-représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne, Javier Solana. Le thème de la conférence portait sur la façon de renforcer et de réformer la démocratie sur l'ensemble du continent.
La presse moscovite s'est interrogée sur la faiblesse de la représentation russe. "Pourquoi tandis que la Moldavie, la Géorgie, l'Ukraine, la Roumanie ont envoyé leurs plus hauts représentants, nous la Russie, n'avions sur place qu'un conseiller de l'ambassade ?" s'est demandé un journaliste de Echo Moscou.
Les autorités russes ont vivement réagi aux propos américains. Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a rappelé qu'il "n'existe pas dans le monde une démocratie standard pour tous et les événements qui se déroulent dans les régions les plus diverses le prouvent bien". L'idée selon laquelle la Russie suit son propre chemin démocratique est régulièrement exposée face aux accusations. D'autres politiques, comme les communistes ou le parti nationaliste ont également énoncé dans la soirée leurs récriminations contre les propos de Dick Cheney.
S'exprimant depuis les pays Baltes, profondément marqués par leur intégration forcée dans le glacis soviétique jusqu'à la chute de l'URSS, le vice-président américain a piqué au vif la Russie sur son histoire. "Pendant des années, la Lituanie, le Lettonie et l'Estonie ont été illégalement occupée" par l'Union soviétique a déclare Dick Cheney à quelques jours du 9 mai, fête de la victoire, que la Russie prépare activement.
Le vice-président est revenu sur le thème de l'énergie, sujet rendu d'autant plus sensible cette année qu'il est au coeur du sommet du G8, présidé par la Russie, tandis que les cours mondiaux du pétrole et du gaz s'envolent. "Il n'y a pas de cause légitime qui puisse justifier l'utilisation du gaz et du pétrole comme instruments de manipulation et de chantage", a insisté le vice-président américain en se référant indirectement à la coupure de livraisons de gaz russe à l'Ukraine au début de l'année.
Le Kremlin qui répète ne chercher qu'à développer des relations commerciales et non d'intimidation avec ses clients a opposé que l'objectif "n'est pas le développement de la démocratie et de l'économie des pays voisins mais la hausse du niveau de vie du peuple de la Russie". Dans ce contexte, les pays comme la Géorgie et l'Ukraine ont évoqué leur retrait de la Communauté des Etats indépendants (CEI), qui les lie a Moscou, économiquement et de fait, politiquement.
Les Etats-Unis déclarent certes qu'ils continuent à voir la Russie comme un partenaire important. Même si le dossier du nucléaire iranien ou bien l'entrée de la Russie dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sont autant de points de friction.


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