Russie    Atom.xml



11.5.06

Une Russie sûre d'elle-même

Les vives critiques de Dick Cheney à l'égard de la Russie ont bien servi Vladimir Poutine. Elles lui ont permis d'apparaître, hier, lors de son discours annuel à la nation, en parfait contrôle de la situation internationale, déterminé à poursuivre son action pour le redressement de son pays.

Sûr de lui, Vladimir Poutine peut l'être sans se forcer. Sa cote de popularité frôle les 70% alors que celle de George W. Bush, à 31%, n'a jamais été aussi basse. Sept ans de forte croissance, renforcée par des cours du pétrole toujours plus élevés, donnent enfin à la Russie les moyens de ses ambitions et au maître du Kremlin un certain confort face à ses détracteurs.

L'attaque du vice-président américain dénonçant le recul des libertés en Russie et son «chantage» à l'énergie n'a eu aucun effet sur le maître du Kremlin. A quatre mois du sommet du G 8, qu'il présidera à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine sait qu'une partie de la classe politique américaine fait pression sur George W. Bush pour qu'il durcisse le ton à l'égard de Moscou, certains allant jusqu'à prôner l'expulsion de la Russie du G 8.

Aux accents de guerre froide du discours de Dick Cheney, le président russe a préféré l'ironie. Reprenant une terminologiesoviétique, il a dépeint les Etats-Unis sous les traits d'un «camarade loup» qui «mange et n'écoute personne» et oublie son «pathos sur les droits de l'homme» dès qu'il s'agit de défendre ses propres intérêts.

Le propos de Vladimir Poutine était ailleurs. Il s'agissait de défendre sa vision d'une Russie renforcée, sur les plans économique et militaire, capable de s'imposer sur la scène internationale et donc ayant toute sa place parmi les nations les plus industrialisées.

Après la crise du gaz en Ukraine, après les élections truquées en Biélorussie, l'heure n'est plus à la surenchère. Vladimir Poutine a intérêt à calmer le jeu et à se montrer plus accommodant s'il veut réussir le rendez-vous de Saint-Pétersbourg.

Quelle attitude adopter à l'égard de cette Russie de plus en plus forte, mais de plus en plus éloignée de notre modèle démocratique ? Entre les Etats-Unis et l'Europe, le débat est ouvert.

Si tous partagent le même diagnostic quant à la crispation de la diplomatie russe et quant au recul des libertés, tous ne suivront pas Dick Cheney dans sa confrontation ouverte avec Moscou. A en juger par la réplique au «camarade loup», sermonner le Kremlin ne l'amènera pas à s'ouvrir aux idées et aux valeurs de l'Occident.

Dans sa défense d'un pays redevenu puissant, Vladimir Poutine s'est senti assez fort pour évoquer ce qui fait la grande fragilité de la société russe : la crise démographique qui saigne les forces vives du pays et ampute sa population de 700 000 âmes chaque année. Il reste à le convaincre qu'une Russie sûre d'elle-même ne pourrait qu'être renforcée par plus de liberté et de démocratie.




Les vives critiques de Dick Cheney à l'égard de la Russie ont bien servi Vladimir Poutine. Elles lui ont permis d'apparaître, hier, lors de son discours annuel à la nation, en parfait contrôle de la situation internationale, déterminé à poursuivre son action pour le redressement de son pays.

Sûr de lui, Vladimir Poutine peut l'être sans se forcer. Sa cote de popularité frôle les 70% alors que celle de George W. Bush, à 31%, n'a jamais été aussi basse. Sept ans de forte croissance, renforcée par des cours du pétrole toujours plus élevés, donnent enfin à la Russie les moyens de ses ambitions et au maître du Kremlin un certain confort face à ses détracteurs.

L'attaque du vice-président américain dénonçant le recul des libertés en Russie et son «chantage» à l'énergie n'a eu aucun effet sur le maître du Kremlin. A quatre mois du sommet du G 8, qu'il présidera à Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine sait qu'une partie de la classe politique américaine fait pression sur George W. Bush pour qu'il durcisse le ton à l'égard de Moscou, certains allant jusqu'à prôner l'expulsion de la Russie du G 8.

Aux accents de guerre froide du discours de Dick Cheney, le président russe a préféré l'ironie. Reprenant une terminologie soviétique, il a dépeint les Etats-Unis sous les traits d'un «camarade loup» qui «mange et n'écoute personne» et oublie son «pathos sur les droits de l'homme» dès qu'il s'agit de défendre ses propres intérêts.

Le propos de Vladimir Poutine était ailleurs. Il s'agissait de défendre sa vision d'une Russie renforcée, sur les plans économique et militaire, capable de s'imposer sur la scène internationale et donc ayant toute sa place parmi les nations les plus industrialisées.

Après la crise du gaz en Ukraine, après les élections truquées en Biélorussie, l'heure n'est plus à la surenchère. Vladimir Poutine a intérêt à calmer le jeu et à se montrer plus accommodant s'il veut réussir le rendez-vous de Saint-Pétersbourg.

Quelle attitude adopter à l'égard de cette Russie de plus en plus forte, mais de plus en plus éloignée de notre modèle démocratique ? Entre les Etats-Unis et l'Europe, le débat est ouvert.

Si tous partagent le même diagnostic quant à la crispation de la diplomatie russe et quant au recul des libertés, tous ne suivront pas Dick Cheney dans sa confrontation ouverte avec Moscou. A en juger par la réplique au «camarade loup», sermonner le Kremlin ne l'amènera pas à s'ouvrir aux idées et aux valeurs de l'Occident.

Dans sa défense d'un pays redevenu puissant, Vladimir Poutine s'est senti assez fort pour évoquer ce qui fait la grande fragilité de la société russe : la crise démographique qui saigne les forces vives du pays et ampute sa population de 700 000 âmes chaque année. Il reste à le convaincre qu'une Russie sûre d'elle-même ne pourrait qu'être renforcée par plus de liberté et de démocratie.