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7.2.07

La Russie, nouvelle terre promise pour les travailleurs immigrés

Dans les vingt prochaines années, la Russie aura besoin d'environ 25 millions de travailleurs immigrés, sinon la réduction irréversible de la population active promet la stagnation économique et le déclin du système des retraites. Telles sont les conclusions de l'étude réalisée par l'Institut de l'économie de transition intitulé "Situation économique et politique en Russie en janvier 2007".

Depuis quinze ans, la population russe connaît un sérieux recul, et on s'y est habitué. Si la population active doit baisser d'environ 300.000 personnes cette année, le rythme de décroissance doit s'accélérer dans les années à venir au point que le recul annuel doit atteindre 1 million de personnes en 2010-2018. Ainsi, d'ici 2026, le potentiel du pays en main-d'oeuvre diminuera de 17-18 millions de personnes. Si l'on se rappelle que la population active russe s'élève actuellement à 67 millions de personnes (sur 142 millions au total), la Russie se retrouvera ainsi privée d'un quart de ses bras. Selon des experts de l'Institut de l'économie de transition, cette brèche croissante ne pourra être comblée que par la main-d'oeuvre immigrée.

Pour Evgueni Gontmakher, directeur du Centre de la politique sociale auprès de l'Institut d'économie (Académie russe des sciences), ces prévisions sont trop arithmétiques. "Il faut compléter la population active, mais le chiffre de 25 millions ne signifie pas que nous devons inviter autant de travailleurs immigrés, explique l'économiste. Outre la xénophobie et le nationalisme qui prospèrent en Russie, nous n'avons tout simplement pas autant d'emplois à proposer à cette main-d'oeuvre à laquelle il faudra apprendre le russe et donner une qualification."

Les analystes constatent que la Russie ne peut compter que sur les basses couches du flux migratoire mondial, car les spécialistes diplômés iront plutôt en Europe ou aux Etats-Unis. Selon M. Gontmakher, la Russie ne dispose pas de beaucoup de moyens pour résoudre le problème: elle devra en priorité chercher à attirer des immigrés russophones et ouvrir progressivement ses portes aux immigrés en provenance des pays extérieurs à l'ex-URSS.

Fin 2006, le gouvernement russe a approuvé une série d'amendements à la législation du travail et des migrations. D'une part, ces amendements facilitent l'enregistrement des immigrés; d'autre part, ils introduisent des quotas et des restrictions d'emploi. Selon des experts, ces décisions revêtent un caractère populiste et s'expliquent par l'approche des élections législatives (en décembre 2007) et présidentielles (en mars 2008). "Dès que le nouveau rapport de forces politiques se précisera, les autorités devront soit annuler, soit niveler ces restrictions en cachette", a indiqué M. Gontmakher.