Russie    Atom.xml



6.4.07

Air France pourrait s'engager dans la lutte pour Alitalia aux côtés d'Aeroflot

Aeroflot souhaite devenir copropriétaire d'Alitalia: cette nouvelle a été rendue publique lundi dernier par Unicredit, un des principaux groupes financiers d'Europe doté de 1.000 milliards de dollars d'actifs et associé de la compagnie aérienne russe dans le projet. Le lendemain, le directeur général d'Aeroflot, Valeri Okoulov, déclarait qu'un troisième partenaire pourrait rejoindre le tandem Aeroflot-Unicredit.

Une source proche de la compagnie aérienne russe a confié à Vedomosti qu'il s'agissait d'Air France. Selon cette source, les négociations portant sur l'entrée des Français dans l'alliance sont programmées pour la semaine prochaine. L'interlocuteur de Vedomosti reconnaît que les négociations ne seront pas faciles, les dettes d'Alitalia atteignant 1 milliard d'euros. Le nouveau partenaire devrait apporter un appui financier (ses bénéfices sont presque sept fois supérieurs à ceux d'Aeroflot) et son expérience sur le marché européen, conclut l'interlocuteur de Vedomosti. Vieux partenaire d'Aeroflot, Air France jouit d'une réputation excellente et sera également intéressé à devenir copropriétaire d'Alitalia, a confirmé un participant au consortium.

Un porte-parole d'Air France a indiqué que sa compagnie n'avait pas encore débattu de l'acquisition commune d'Alitalia avec Aeroflot.

Un nouvel acteur aura du mal à rejoindre l'appel d'offres. Le ministère italien de l'Economie et des Finances a cessé d'accepter les demandes d'achat le 2 avril dernier, a expliqué à Vedomosti le porte-parole du ministère, Carlo Maria Fenu. Conformément aux règles de l'appel d'offres, la liste des candidats est déjà considérée comme bouclée, Aeroflot étant la dernière compagnie à avoir déposé sa demande. Le tandem Aeroflot-Unicredit est actuellement confronté à deux rivaux: le consortium regroupant Matlin Patterson (Etats-Unis), Mediobanca (Italie) et le fonds Texas Pacific Group, d'une part, et, de l'autre, le groupe AP Holding dirigé par le président de la compagnie aérienne locale Air One, Carlo Toto. Toutefois, cette règle pourrait être modifiée, ajoute l'interlocuteur de Vedomosti. Si le ministère de l'Economie et des Finances ne retient aucun des scénarios (proposition de prix et plan d'assainissement pour Alitalia) proposés pour le 16 avril, il pourrait admettre de nouveaux candidats, affirme un participant à l'appel d'offres.

Pour Evgueni Chago, analyste à la Trust Investment Bank, une banque d'investissement partenaire d'Aeroflot, les membres d'alliances aériennes mondiales seront d'ici quelques années non seulement des partenaires, mais aussi des copropriétaires réciproques. Si Aeroflot parvient à se mettre d'accord avec Air France, ce compromis baissera notablement ses risques financiers, car il n'aura pas à verser la totalité du prix d'Alitalia dont la valeur de marché représente environ 740 millions de dollars. "Le transporteur aérien français sait travailler sur le marché européen, une précaution qui ne sera pas de trop pour Aeroflot, ajoute M. Chago. Pour Air France, cette coopération sera également avantageuse, car la compagnie pourrait sérieusement s'implanter sur le marché italien."