La Pologne conteste les données sur les prisonniers soviétiques d'Auschwitz
Les prisonniers d'Auschwitz se sont retrouvés au centre d'un scandale opposant Moscou à Varsovie. La direction du musée de l'ex-camp de concentration nazi, qui a fermé le pavillon russe, a promis de le rouvrir à condition que la Russie reconnaisse l'occupation soviétique des territoires polonais.
Exprimant son étonnement à propos des répercussions qu'a eues sa décision, le musée rappelle que la rénovation du pavillon russe avait été lancée il y a quelques années. En janvier 2005, après les cérémonies organisées à l'occasion du 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz par l'armée soviétique, auxquelles avait assisté le président russe Vladimir Poutine, il avait été décidé de faire l'inventaire des pièces exposées pour harmoniser les données présentées par les pavillons des différents pays. Le musée prétend avoir répertorié un grand nombre de divergences relatives au nombre des victimes de l'Holocauste: les habitants de l'Ukraine et de la Biélorussie occidentales sont considérés tantôt comme des citoyens soviétiques, tantôt comme des citoyens polonais.
Pour Wladyslaw Bartoszewski, président du Conseil international d'Auschwitz qui supervise le musée, le principal obstacle empêchant la réouverture du pavillon russe réside dans le fait que les prisonniers originaires des territoires contrôlés par l'Armée rouge en 1939-1941 sont qualifiés de "citoyens soviétiques". D'après lui, le CIA "a décidé unanimement qu'il n'autoriserait pas la propagande politique au sein du musée". M. Bartoszewski a par ailleurs démenti que le conseil insiste sur le terme d'"occupation" pour qualifier la présence militaire soviétique en Pologne.
Le ministère russe des Affaires étrangères a constaté mardi que le pavillon russe rénové à l'occasion du 60e anniversaire de la libération d'Auschwitz était fermé depuis plus de deux ans. Moscou explique cette situation par l'intransigeance de la direction du musée et du Conseil international d'Auschwitz qui ne compte plus de représentants russes depuis la fin des années 1980. "La Pologne insiste notamment pour que la carte exposée à l'entrée du pavillon fasse ressortir les territoires "annexés" par l'URSS en vertu du pacte Molotov-Ribbentrop", a précisé la diplomatie russe. Le ministère des Affaires étrangères a également souligné avoir plus d'une fois attiré l'attention de la Pologne, aussi bien par le biais des canaux diplomatiques que lors de contacts directs, sur l'absurdité de ces exigences, tout en recherchant les moyens de débloquer la situation, car "la mémoire des victimes du camp d'Auschwitz ne doit pas être prise dans le piège des spéculations historico-politiques".


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