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16.5.07

Les contrastes entre les régions de Russie

Si l'on compare les régions de Russie avec divers pays, on s'aperçoit que certaines d'entre elles (Moscou) ressemblent à la République tchèque ou à Malte, d'autres (région de Tioumen), à la Pologne et à la Hongrie, d'autres encore (Touva), au Guatemala et au Tadjikistan. L'essor économique enregistré ces cinq dernières années a entraîné le développement de toutes les régions, mais de façon inégale : les régions avancées se développent plus rapidement que les régions retardataires.

La représentation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Russie a publié mardi le rapport "Régions de Russie : objectifs, problèmes, réalisations" qui met l'accent non pas sur les inégalités entre les revenus, mais sur les perspectives des citoyens en prenant en considération l'espérance de vie, l'accès à l'enseignement, les revenus réels et d'autres indices. L'indice du développement humain (IDH) utilisé pour évaluer ces possibilités s'est élevé pratiquement dans toutes les régions, mais les indices des régions fortes se sont améliorés plus rapidement que ceux des régions faibles. Par conséquent, les inégalités se sont accentuées.

Les différences entre les régions sont si grandes que les comparaisons avec d'autres pays s'imposent. Selon les estimations des économistes de la Banque mondiale, si les régions de Russie étaient des Etats, elles auraient occupé pour le PRB (produit régional brut) entre la 32e et la 119e places parmi 173 pays. Les experts expliquent cette différenciation par la faible qualité de la croissance économique en Russie.

Les experts du PNUD ont également évalué les parts de la population dans les régions ayant des IDH différents (compte tenu des inégalités des revenus à l'intérieur des régions). Les régions développées (il n'y en a que quatre) comptent 15% de la population, les régions dont l'indice est supérieur à la moyenne du pays, 11% de la population, celles où cet indice est inférieur à la moyenne, 68%, les régions les plus pauvres, 6%.

L'égalisation des régions n'est pas un thème récent, il existe même un programme fédéral finalisé spécial qui connaît d'ailleurs des problèmes de financement.

Pour l'instant, l'instrument principal est la répartition des revenus au moyen des transferts budgétaires des régions riches vers les régions pauvres. De nouveaux instruments sont en voie de création : des projets nationaux, le fonds d'investissement. Cependant, la politique d'égalisation est inefficace.

Il s'avère que les régions riches ont des lobbyes plus puissants qui obtiennent des crédits budgétaires provenant du fonds d'investissement et d'autres sources (il est à noter que six des sept projets approuvés en 2006 ont concerné les régions riches : Moscou, Saint-Pétersbourg, le Tatarstan et le territoire de Krasnoïarsk).

Tout cela ne change pas la situation. L'existence a priori de régions pauvres peut être justifiée par des raisons politiques: elles sont loyales et dépendent du centre. Mais c'est temporaire : cette réalité recèle un risque potentiel de renforcement des protestations.

Les experts du PNUD ont tiré une conclusion assez simple : il faut des objectifs différents et des stratégies de développement diversifiées pour les régions différentes, les programmes élaborés au niveau local apportent des résultats meilleurs. La Russie a besoin d'une décentralisation des ressources et des compétences à un niveau nouveau.