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4.6.07

La Russie ne reculera pas dans le contentieux territorial avec le Japon

Pour la première fois depuis la désintégration de l'Union soviétique, le ministre russe des Affaires étrangères s'est rendu dans les Kouriles du Sud, ce qui a mis en colère les Japonais qui revendiquent ces îles. A moins d'une semaine de la rencontre entre Vladimir Poutine et le premier ministre japonais Shinzo Abe au sommet du G8 en Allemagne, la Russie a montré que sa politique étrangère était ferme et qu'elle ne reculerait pas dans le contentieux territorial avec le Japon.

Sergueï Lavrov a effectué dimanche dernier une visite sur les îles, en reconnaissant devant les journalistes que les pourparlers sur le problème territorial n'avaient pas progressé: "Nous avons des positions diamétralement opposées. Aucune formule de règlement n'a été trouvée".

Les hommes politiques japonais affirment de plus en plus souvent que la possibilité d'un règlement rapide du problème (lisez: l'obtention des quatre îles appartenant à la Russie) qui s'ébauchait au début de l'époque Eltsine est perdue. La position de Vladimir Poutine est nette, à la différence de son prédécesseur: la souveraineté de la Russie sur les îles est l'un des résultats de la Seconde Guerre mondiale.

Connaissant les intentions du ministre russe, Tokyo a préparé d'avance une note de protestation. Mais toutes les déclarations antirusses seront inévitablement retenues, car l'establishment japonais se rend compte de la nécessité de la coopération économique avec la Russie, malgré le problème territorial et l'absence de traité de paix. Ce n'est pas par hasard que le chef de la diplomatie russe a invité dimanche à créer des coentreprises sur les îles. Tokyo se rend également compte que la Russie peut coopérer avec d'autres pays, par exemple, avec la Chine, dans le développement des régions de Sibérie et d'Extrême-Orient.

D'après les données dont dispose le quotidien Vremia Novosteï, au cours de la rencontre en Allemagne, Shinzo Abe a l'intention de proposer au président russe de coopérer dans le nucléaire civil et dans le développement de l'Extrême-Orient. Si, à l'avenir, les parties signent un traité sur l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, il sera possible de conclure des accords sur le retraitement en Russie du combustible usagé des centrales nucléaires japonaises et sur l'enrichissement dans les entreprises russes de l'uranium kazakh, qui sera envoyé ensuite au Japon. La construction de centrales nucléaires en Extrême-Orient russe est envisagée avec la participation de compagnies japonaises.