Automobile: le russe AvtoVAZ hésite entre Renault et Fiat
En novembre prochain, le constructeur automobile AvtoVAZ doit choisir entre Renault et Fiat pour désigner son nouveau partenaire stratégique, auquel il cédera une minorité de blocage.
"Dès le mois de mai dernier, AvtoVAZ a obtenu l'accord de principe de Renault pour établir un partenariat, mais cet accord a été rangé dans un tiroir", quand Fiat a avancé "une proposition de rechange", raconte le PDG par intérim du groupe AvtoVAZ, Alexandre Pronine. Selon des sources de Kommersant, les dirigeants de Fiat ont contacté personnellement le directeur général de Rosoboronexport, Sergueï Tchemezov, qui dirige le conseil d'administration d'AvtoVAZ. En juin, M. Tchemezov a déclaré que Fiat lui proposait de racheter les plateformes des véhicules de classe A et B de la firme turinoise et de construire une usine de moteurs d'une capacité de 1,5 million de pièces par an. Selon M. Pronine, un accord similaire était intervenu avec Renault sur la conception conjointe de véhicules économiques de classe B et C et la construction d'une usine de moteurs fabriquant 450.000 unités par an.
La proposition initiale de Renault était plus large: le groupe français envisageait de créer, sur la base du bureau d'études d'AvtoVAZ, un centre d'ingénierie qui soit chargé de la conception de voitures pour l'Europe et les marchés en développement. "Mais comme nous avons tardé à répondre à cette proposition, les Français ont décidé d'établir leur centre en Roumanie", poursuit M. Pronine. "Renault-Nissan a un objectif stratégique, celui de se hisser parmi les trois premiers producteurs automobiles du monde (l'alliance était classée 4e en 2006), ajoute M. Pronine. Ils espèrent y parvenir en créant une alliance Renault-Nissan-AvtoVAZ susceptible de devenir le premier concepteur de véhicules économiques". Au siège de Renault, on s'est abstenu mercredi de donner des commentaires au sujet des négociations avec AvtoVAZ.
Selon des sources de Kommersant au sein d'AvtoVAZ, si l'usine russe conclut avec Renault un accord portant sur la conception d'une plateforme de classe C, cela peut signifier la suspension du projet identique existant avec le canadien Magna. Pour Mikhaïl Pak, analyste à la compagnie financière Kapital, si Magna n'arrive pas à trouver des fournisseurs de composants pour le projet C, AvtoVAZ ne pourra pas maintenir le prix des véhicules autour des 12.000 dollars annoncés. Si le vice-président d'AvtoVAZ, Maxim Nagaïtsev, qui supervise la coopération avec Magna, a promis mercredi la fabrication en série du projet C d'AvtoVAZ et de Magna, Alexandre Pronine n'a pas exclu que les projets communs avec Magna puissent être exploités dans le partenariat avec Renault.
Mikhaïl Pak estime qu'une alliance d'AvtoVAZ avec Renault "serait le scénario le plus logique". "Renault a accumulé la plus grande expérience mondiale en matière de conception de véhicules économiques, estime l'analyste. Avec tout le respect qu'on a pour Magna, cette compagnie a développé jusqu'à récemment des véhicules plus chers."


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