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6.9.07

Un homme d'affaires rapatrie en Russie des dessins animés soviétiques

Le magnat de l'acier et du gaz russe Alicher Ousmanov a acheté une collection de dessins animés culte de l'époque soviétique bradée à une société américaine dans le chaos des années 90, pour l'offrir à une chaîne de télévision publique, a annoncé mercredi son service de presse.

"L'accord d'achat signé par les compagnies le 24 août prévoit le rachat de tous les droits de propriété intellectuelle que le vendeur avait acheté en 1992 et en 1994 au studio d'animation Soyouzmoultfilm", a indiqué un porte-parole de la compagnie de M. Ousmanov, Swinstar Holdings Limited, cité par l'agence Interfax.

A l'issue de cette transaction dont le montant n'a pas été révélé, M. Ousmanov, réputé proche du Kremlin, "transmet la collection et tous les droits de propriété à la chaîne russe pour enfants, Bibigon, à titre gratuit", a ajouté ce porte-parole.

Cette collection de dessins animés, dont la célèbre série sur Tchébourachka, un drôle d'animal aux grandes oreilles, la mascotte de l'équipe olympique russe, adoré par les enfants soviétiques à l'époque de Brejnev, faisaient l'objet de négociations à coups de millions de dollars depuis des mois.

La collection a été rachetée à bas prix dans les années 1990 par la société américaine Films by Jove fondée par Oleg Vidov, ancien acteur et coqueluche des femmes soviétiques, qui a acquis pour trente ans les droits de distribution des meilleurs films d'animation soviétiques dans le monde entier, en dehors de l'ex-URSS.

La somme réclamée par la société américaine pour cette collection s'élevait initialement à 10 millions de dollars, avait fait savoir l'entourage de M. Ousmanov, mais l'oligarque russe l'a trouvé "astronomique".

L'histoire du retour de ces dessins animés en Russie rappelle le rapatriement en 2004 des oeufs du joaillier des tsars Fabergé, rachetés à la famille américaine Forbes par un autre milliardaire russe, Viktor Vekselberg, et exposés au grand public au Kremlin.

Cette bonne action était visiblement destinée à détendre les relations entre le pouvoir et les grands patrons russes, sur fond de poursuites judiciaires contre le groupe pétrolier Ioukos qui ont abouti à l'incarcération de son ancien patron, Mikhaïl Khodorkovski, en octobre 2003.