Le beau sexe de retour sur la scène politique russe
Les femmes regagnent du terrain dans la vie politique russe à la suite des derniers remaniements ministériels, qui font partie intégrante de la campagne électorale en prévision des législatives de décembre 2007. Les experts évoquent à la fois une réponse à la disparité hommes-femmes, un coup de pub politique et la reconnaissance de l'efficacité de femmes en tant que gestionnaires.
Pour l'instant, le parlement russe se situe dans le milieu du classement des 189 Etats répartis selon la proportion des femmes, avec 9,4%. En tête du classement figurent le Rwanda et la Suède, où les députées détiennent presque la moitié des sièges. Les Finlandaises et les Norvégiennes occupent, elles, plus de 35% des sièges dans les organes législatifs suprêmes.
Les réformes démocratiques des années 1980-1990 ont été marquées par l'exode du sexe faible de la vie politique. Si le Soviet suprême de l'URSS était constitué à 32% de femmes en 1984, la proportion des élues du peuple a reculé en 1990 à 5%, son plancher historique.
En Union soviétique, tout se décidait en haut, rappelle Dmitri Orechkine, expert à l'Institut de géographie (Académie russe des sciences). "Quand les vieilles règles du jeu ont été supprimées, et que la démocratie s'est imposée, les droits des femmes ont été foulés aux pieds: les hommes se sont lancés dans la course au pouvoir, tel un troupeau à l'abreuvoir, en piétinant faibles et malades", estime-t-il. Aujourd'hui, en revanche, les hommes politiques comprennent que les femmes représentent une précieuse ressource électorale, la majorité des électeurs appartenant au beau sexe.
En 1993, en prévision des premières élections à la Douma, un nouveau bloc électoral baptisé Femmes de Russie a été mis en place pour augmenter la proportion des femmes à la chambre basse du parlement russe. Ce bloc a recueilli 8,1% des voix, soit 21 sièges au parlement. Mais ce mouvement a par la suite éclaté. Et quand la nouvelle loi sur les partis a interdit aux Russes de composer des alliances politiques autour des valeurs autres que politiques, on a assisté à la disparition non seulement du parti des amateurs de bière, mais aussi des forces dont les membres sont recrutés en fonction de leur sexe. Selon Dmitri Orechkine, au début de l'ère postsoviétique les femmes politiques étaient plus des personnalités brillantes que des gestionnaires efficaces. Aujourd'hui, on mise sur l'efficacité du gestionnaire, quel que soit son sexe.
Voilà pourquoi, pour la première fois depuis cinquante ans, le gouvernement russe s'est doté de deux femmes: Elvira Nabioullina pour le ministère du Développement économique et du Commerce et Tatiana Golikova pour celui de la Santé et du Développement social. Selon M. Orechkine, il y a des femmes politiques compétentes qui "travaillent réellement au lieu de chercher à s'affirmer".


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