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13.12.07

L'entreprise privée ne fait plus recette en Russie

Les Russes sont de moins en moins nombreux à vouloir monter leur affaire. Selon un sondage réalisé par le Centre Levada, ils ne sont que 18%, contre 23% il y a cinq ans. En Russie, il est très difficile d'ouvrir une entreprise privée et il est de plus en plus avantageux de travailler pour de grandes compagnies. La passivité de la population sur le plan de l'entreprenariat entraîne le manque de concurrence et de profonds problèmes économiques, lit-on dans le journal Gazeta.ru.

Parmi 1.600 Russes interrogés en novembre 2007, seulement 5% possèdent leur propre affaire. Seuls 18% souhaiteraient monter une affaire et seulement 10% de ces citoyens entreprennent des démarches concrètes en vue d'atteindre leur objectif. 69% ont catégoriquement refusé d'ouvrir leur affaire en 2007 (67% en 2002).

La diminution de l'attrait pour l'activité privée n'est pas étonnante. Pour créer des entreprises en Russie, il faut surmonter de très nombreux obstacles. Même les hommes d'affaires prospères le reconnaissent: d'après les données du VTSIOM (Centre nationale d'étude de l'opinion publique), le business national évalue "la possibilité d'ouvrir son affaire" à 2,88 points sur une échelle de sept points.

Même ceux qui réussissent à le faire se heurtent à de nombreux problèmes. "En Russie, moins de 10% des nouvelles firmes restent sur le marché après sept années d'activité", souligne la Banque mondiale. Les données du Centre Levada le confirment: 60% de ceux qui ont tenté de monter leur affaire évaluent leur tentative comme non fructueuse contre 32% qui semblent satisfaits.

Ce sont les impôts qui posent le principal problème en "freinant de plus en plus le développement", fait remarquer Boris Titov, président de Delovaïa Rossia.

Les difficultés rencontrées pour réunir le capital à investir est un autre facteur qui réduit les ambitions des entrepreneurs potentiels russes. "Alors que l'Etat et les grandes compagnies ont des excédents, dans le secteur réel de l'économie, nous prenons toujours des crédits à des taux d'intérêt énormes et avec une caution intolérable. De quelle compétitivité dans le business peut-on parler quand en Occident les crédits ne coûtent que quelques kopecks?" s'indigne Boris Titov.

D'ailleurs, peut-être, faut-il chercher l'explication dans les mentalités. "Selon certaines études, les gens à l'esprit entreprenant ne constituent que 10% de la population tout au plus, affirme Valeri Mironov, expert du Centre pour le développement. C'est une qualité rare, comme l'oreille musicale, dont on hérite. Le fait est que des personnes douées de ces qualités ont été évincées durant de nombreuses années".