Russie    Atom.xml



28.9.07

Le Parquet général refuse de réhabiliter le dernier tsar russe

Le Parquet général de Russie a refusé de réhabiliter le dernier tsar de Russie Nicolas II et sa famille, exécutés par les bolcheviks en 1918, rappelle vendredi le quotidien Troud.

La conclusion officielle du parquet dans l'affaire dite Romanov a été transmise à la Cour suprême. Le parquet estime que l'empereur, canonisé par l'Eglise orthodoxe russe en 2000, de même que les membres de sa famille ne peuvent être considérés comme victimes de représailles politiques.

Les vérifications effectuées par le parquet n'ont pas permis de trouver de preuves fiables de l'existence de décisions officielles d'organes dotés de compétences judiciaires. Il ne peut donc pas être question de représailles contre la famille impériale, il ne s'agit là que d'un crime de droit commun.

Une autre chose est importante: si la réhabilitation avait lieu, est-ce que les héritiers de Nicolas II auraient le droit de réclamer la restitution des biens de la famille impériale? Le journal a interrogé des spécialistes dans le domaine du droit héréditaire, dont les avis sont partagés.

Oksana Toumanova, avocate du bureau Kniazev et associés au barreau de Moscou:

"Je pense que les descendants de la famille du tsar pourraient réclamer les biens des Romanov, mais uniquement dans le cas où la saisie des biens de Nicolas II et de ses proches serait reconnue comme illégale. Cependant, seuls les biens ayant appartenu personnellement à l'empereur et à sa famille peuvent être hérités. La liste de ces biens est établie le jour du décès. Or, il sera assez difficile de déterminer ce qui appartenait personnellement à Nicolas II et ce qui était la propriété de l'Etat à l'époque".

Elena Kotitsyna, juriste du cabinet d'experts Pravozachtchita ("Défense des droits de l'homme"):

"En tous cas, les descendants de la famille tsariste n'ont pas le droit de prétendre à quelque héritage que ce soit. En premier lieu parce qu'il ne reste aucun héritier direct vivant. En outre, presque 90 ans se sont écoulés, tous les délais pour entrer en possession d'un héritage ont donc expiré. Les biens mêmes ont été nationalisés, et les résultats de ce processus ne seront pas révisés".

Selon Vadim Viner, professeur à l'Académie russe d'histoire et de politologie de Ekaterinbourg, "Nicolas II ne tombe pas du tout sous le coup de la loi sur la réhabilitation des victimes de représailles politiques, cette loi ne concernant que les personnes persécutées à partir des années 1920".

"Du point de vue de l'Eglise, a ajouté l'historien, toute attestation du bureau de l'état civil, du tribunal ou bien du parquet n'a aucune valeur. Car l'empereur et sa famille sont déjà des saints, ils sont canonisés et de ce point de vue, ils sont réhabilités pour nous. Les saints n'on pas besoin d'être réhabilités".

27.9.07

Immobilier: le géant américain Donald Trump lorgne sur la Russie

Le milliardaire et promoteur américain Donald Trump pourrait faire son entrée sur le marché russe de l'immobilier, annonce jeudi le quotidien Vedomosti.

Le géant de l'immobilier aurait, d'après les informations révélées dans le journal, enregistré en août dernier le label Trump en Russie dans le domaine des services immobiliers privés, commerciaux et hôteliers.

Bernard Diamond, représentant de Donald Trump, a quant à lui déclaré que Trump Organization ne s'apprêtait pas à entrer sur le marché russe dans un avenir proche et que le label n'avait été déposé que dans l'hypothèse où une telle décision serait prise.

Le quotidien fait remarquer que Donald Trump avait déjà mené des négociations avec la mairie de Moscou concernant la reconstruction des hôtels Moskva et Rossia au milieu des années 90, mais celles-ci n'avaient pas abouti pour des raisons inconnues.

Actuellement, Moscou représente selon les analystes l'un des marchés les plus attirants en matière d'investissements immobiliers.

26.9.07

Aéronautique: le russe OAK pourrait décrocher 5% d'EADS

La deuxième plus grande banque russe, VTB, pourrait transmettre ses 5% d'EADS au géant aéronautique russe OAK, a déclaré mercredi le ministre russe de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko.

"Je n'exclus pas que cette minorité soit transmise à OAK. Que les actions soient cédées ou vendues, ce n'est qu'une question financière technique", a-t-il indiqué à Komsomolsk-sur-l'Amour, en Extrême-Orient russe.

Le ministre a rappelé que le conglomérat européen détenait lui aussi 10% de la compagnie aéronautique russe Irkut, faisant partie d'OAK, et que ce dernier groupe envisageait d'émettre une action unique. "EADS peut donc convertir ses actions Irkut en actions OAK et obtenir ainsi une participation au sein d'OAK", a ajouté M. Khristenko.

Créé en février 2006, le Consortium aéronautique unifié (OAK) regroupe les principales unités de construction civile et militaire en Russie, dont les plus connues sont Sukhoi, MiG, Tupolev, Yakovlev et Irkut.

25.9.07

Poutine prive les oligarques russes d'immunité parlementaire

Dans les entretiens informels qu'il a eus lors du forum économique de Sotchi, le week-end dernier, le président russe Vladimir Poutine a estimé que la présence d'oligarques sur les listes de parti, où ils se sont réservé jusqu'à présent les meilleures places, s'inscrivait mal dans l'architecture de la nouvelle Douma. Selon le chef de l'Etat, le parlement doit être le plus proche possible des gens simples. A en juger par la composition actuelle des listes électorales, les principaux partis ont suivi ce précepte.

Ceux qui veulent devenir députés ne devraient pas, selon Vladimir Poutine, figurer dans le Top-50 des personnes les plus riches de Russie dressé par le magazine Forbes. Ce qui exclut donc les candidats dont la fortune personnelle dépasse 1,3 milliard de dollars.

"Le président insiste pour que la nouvelle Douma soit celle du peuple", a déclaré une source proche du dossier, interrogée par le quotidien électronique Gazeta.ru.

"Cette consigne a toute sa raison d'être: les sondages d'opinion montrent que les gens sont très sensibles à l'injustice sociale", estime le politologue Dmitri Badovski.

L'intervention de Vladimir Poutine semble d'autant plus justifiée que toute une série de députés en place n'ont pas pu se lancer dans la nouvelle campagne électorale.

Personne n'ignore que les grands chefs d'entreprises cherchent à entrer à la Douma pour bénéficier d'une immunité parlementaire et promouvoir leurs intérêts d'affaires. La Douma actuelle compte 20 députés faisant partie des 500 personnes les plus riches de Russie et dont la fortune personnelle varie entre 4 et 322 milliards de roubles (entre 0,1 et 9,1 milliards d'euros). Tous appartiennent au parti pro-Kremlin Russie Unie. Trois de ces députés entrent dans le Top-50 de Forbes: Souleïman Kerimov (12,8 milliards de dollars), Andreï Skotch (1,7 milliard de dollars) et Alexandre Lebedev (3,6 milliards de dollars), que le parti rival Russie Juste a refusé d'inclure dans ses listes électorales.

L'inscription de Viktor Rachnikov, propriétaire de l'aciérie de Magnitogorsk (11e position dans le classement Forbes, avec 9,1 milliards de dollars), sur les listes de Russie Unie est remise en question. Mais ses confrères du parti n'excluent pas qu'une exception soit faite pour le milliardaire et que ce dernier représente la région de Tcheliabinsk.

Sur les listes électorales du Parti communiste, on ne trouve que deux grands propriétaires: l'ancien top manager de la compagnie pétrolière Ioukos Sergueï Mouravlenko, et le trésorier du parti Viktor Vidmanov, mais leurs fortunes sont bien au-dessous du seuil fixé par le président.

24.9.07

La Russie comptait en août 4,3 millions de chômeurs

On recensait en Russie en août dernier 4,3 millions de chômeurs, soit 5,7% de la population économiquement active, contre 4,352 millions en juillet, a annoncé vendredi le Service fédéral des statistiques (Rosstat).

Ces estimations ont été réalisées selon la méthodologie de l'Organisation international du travail (OIT).

Fin août, les agences de l'emploi russes enregistraient 1,5 million de personnes, dont 1,2 million de bénéficiaires d'allocations chômage.

La population économiquement active s'élevait fin août à 75,3 millions de personnes, soit 52% de la population globale.

De plus en plus de visas français délivrés aux Russes

Le consulat de France à Moscou a délivré 174.000 visas entre le 1er janvier et le 31 août 2007, soit une augmentation de 10% par rapport à l'année dernière (165.000), a indiqué un représentant du consulat français, résumant les premiers résultats du nouveau centre de délivrance des visas ouvert le 15 juin dernier.

Concernant les changements apportés dans la délivrance des visas, le représentant du consulat a déclaré lors de la conférence de presse qu'ils étaient positifs, dans la mesure où ils avaient permis d'éliminer les difficultés attendues pour les mois de juin et de juillet de cette année.

Cet été, les médias avaient publié une information selon laquelle le centre des visas n'avait pas su faire face à l'affluence de touristes. Les Russes s'étaient plaints qu'il était impossible de joindre le centre par téléphone et que le délai nécessaire pour traiter les demandes était supérieur aux cinq jours annoncés.

"Le transfert de la procédure par traitement informatique des documents à la compagnie privée VFS nous a permis de réduire significativement le délai de délivrance des visas", a-t-il souligné.

Quant aux délais de délivrance, le représentant du consulat a expliqué que toutes les demandes devaient être traitées sous dix jours, et qu'en période de moindre affluence, on essayait de réduire ce délai.

Les demandes des agences de tourisme sont pour leur part traitées sous 14 jours au maximum.

Le représentant de la mission diplomatique française a précisé que certaines catégories de personnes bénéficiaient de régimes simplifiés d'obtention des visas: les hommes d'affaires, les journalistes, les enseignants et les étudiants.

Normandie-Niemen: un monument à la mémoire de l'escadrille sera inauguré samedi à Moscou

Le commandant en chef de l'armée de l'air russe, le général Alexandre Zeline, doit inaugurer le 29 septembre prochain à Moscou un monument à la mémoire de l'escadrille Normandie-Niemen, légende de la Seconde Guerre mondiale.

Le monument sera érigé dans le quartier de Lefortovo à l'occasion du 65e anniversaire de la création du 18e régiment d'aviation franco-soviétique Normandie-Niemen, décoré de deux ordres du Drapeau rouge, de l'ordre Souvorov et de la Légion d'honneur.

"Le quartier de Lefortovo n'a pas été choisi au hasard: il abrite le cimetière Vvedenski où furent inhumés les aviateurs français morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Même si leurs dépouilles ont été transférées en France dans les années 1950-1960, les pierres tombales demeurent toujours à la même place", a rappelé l'armée de l'air russe dans un communiqué.

Le 25 novembre 1942, l'URSS et la France ont signé un accord portant sur la formation d'une escadrille d'aviation française sur le territoire soviétique, transformée le 5 juillet 1943 en régiment de chasse. Le régiment a pris part à la bataille de Koursk en 1943, à la libération de la Biélorussie en 1944 et à la victoire contre les troupes nazies en Prusse orientale en 1945. Lors des hostilités sur le front germano-soviétique, les pilotes de Normandie-Niemen ont effectué plus de 5.000 vols de combat, mené près de 900 combats aériens et abattu plus de 270 avions allemands.

"Un monument dédié à l'unité d'aviation légendaire signé Viktor Sourovtsev a été inauguré le 22 septembre 2006 au Bourget. Le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Jacques Chirac ont participé à la cérémonie. C'est à présent le tour de la capitale russe d'immortaliser dans la pierre notre gratitude envers les héros", souligne le communiqué de l'armée de l'air.

Par ailleurs, une école moscovite aménagera dans une de ses pièces un petit musée en hommage à l'escadrille franco-soviétique.

21.9.07

Sotchi-2014: sauvegarder les monuments historiques de Krasnaïa Poliana

Les chercheurs du centre d'études méridional de l'Académie russe des sciences insistent sur la conservation de tous les éléments architecturaux de Krasnaïa Poliana lors de la construction des infrastructures olympiques, et proposent d'en faire des symboles des JO de Sotchi en 2014.

"Pour les archéologues, Krasnaïa Poliana est une région où, sur un territoire aux proportions relativement réduites, on trouve des monuments de toutes les périodes de l'histoire de l'humanité. On y trouve les églises chrétiennes les plus anciennes de Russie, des dolmens, des monuments datant de l'âge de la pierre et de l'âge du bronze, ainsi que de la période antique", a déclaré à RIA Novosti Boris Raïev, chercheur du centre diplômé en histoire.

Selon lui, les spécialistes s'inquiètent aujourd'hui du sort de monuments archéologiques inestimables se trouvant sur la zone olympique, et qui pourraient souffrir des constructions à venir.

M. Raïev a fait savoir que personne n'avait mis les institutions de protection des monuments au courant de la localisation et de la nature des futures constructions. "Malheureusement, nous avons une expérience aussi grande que triste de la construction d'éléments d'importance nationale, où tout a été complètement démoli", a-t-il souligné.

"Dans la région de Krasnaïa Poliana, nous avons conservé 14 forteresses médiévales qui pourraient devenir de véritables perles, symboles des Jeux olympiques", a-t-il poursuivi.

Il a en outre noté que la conservation et la restauration de monuments pourraient être l'occasion d'étudier leurs relations avec l'architecture mondiale.

"Les chercheurs les examinent, rassemblent les informations que l'on peut obtenir au niveau actuel de développement de la science, et ensuite les restaurent ou les reconstruisent, pour en faire des éléments touristiques", a précisé M. Raïev.

Selon lui, sur l'ensemble des dépenses pour la construction des structures olympiques, celles-ci seront minimes.

"Le coût des travaux pour un bâtiment oscille autour de 1,5 million de roubles (environ 42.000 euros) et les dépenses pour la construction de routes et d'autres voies de communication seront minimes, puisque toutes les forteresses se situent dans des zones accessibles. Ce sont en effet les points topographiques clés qui contrôlaient le territoire et bloquaient les routes", a-t-il expliqué.

20.9.07

40% des langues de la planète sont vouées à disparaître

Des études menées par des linguistes britanniques indiquent que près de 40% des langues de la planète seraient vouées à disparaître, rapporte le journal The Independent.

Selon les scientifiques, une langue disparaît toutes les deux semaines, ce qui pourrait mener à l'extinction de la moitié des 7.000 langues de la planète d'ici la fin de ce siècle.

"La vitesse de disparition des langues, dont nous sommes aujourd'hui témoins, n'a jamais été aussi rapide dans l'histoire de l'humanité", a expliqué David Harrison, auteur du livre When Languages Die.

Les linguistes démontrent que 80% des peuples de la planète utilisent 80 langues, alors que 3.500 langues sont parlées par 0,2% de la population mondiale. Les scientifiques pointent du doigt la mondialisation et les migrations. Les conditions économiques poussent les gens à quitter leur terre d'origine et à se rendre dans des villes où ils se déshabituent de leur langue maternelle à force d'utiliser des langues partagées par tous au travail.

La responsabilité de cette disparition doit en partie être imputée aux enfants. Par exemple, les enfants qui parlent maya et espagnol, et qui choisissent d'utiliser l'espagnol qu'ils entendent à l'école et à la télévision, aux dépens du maya.

M. Harrison et le directeur de l'Institut des langues vivantes, Greg Anderson, ont défini cinq régions où les langues locales frôlent la disparition. Le nord de l'Australie, le centre de l'Amérique latine, le plateau pacifique nord-ouest entre le Canada et les Etats-Unis (Colombie Britannique, Etat de Washington et Oregon), le centre de la Sibérie, et le nord-est de la Sibérie: les îles Komandorski, les Kouriles et la péninsule du Kamtchatka.

Selon les scientifiques, il est impossible de comprendre la culture d'un peuple sans en connaître la langue. Ainsi, le langage utilisé par 200 habitants de l'île Sulawesi en Indonésie comporte le mot "matuwuhou" avec lequel ils expriment leur étonnement lorsqu'ils découvrent qu'ils sont tombés du lit au milieu de la nuit, ou qu'ils se réveillent le matin et constatent un changement quelconque.

"Nous vivons à l'ère de l'information, où l'information et la connaissance ont une valeur, et nous prenons le risque de rejeter des connaissances millénaires. La majorité de nos savoirs sur les façons d'appréhender le monde contenus dans les langues n'ont pas été écrits. En sauvant les langues, on conserve des points de vue et des écosystèmes", a souligné M. Harrison.

Par exemple en Bolivie, ont argumenté les scientifiques, des guérisseurs ont écrit pendant un demi-millénaire les recettes de milliers de remèdes à base de plantes et se transmettent leurs connaissances de générations en générations.

19.9.07

"La France est ma seconde patrie": l'écrivain Victor Erofeev a 60 ans

"La France est ma seconde patrie", a confié à RIA Novosti l'écrivain russe Victor Erofeev, qui célèbre mercredi son 60e anniversaire.

"Je me considère comme un écrivain russe qui écrit en russe, et la Russie est ma patrie. Mais la France est une seconde patrie pour moi, j'aime beaucoup ce pays et je connais bien la littérature française", a-t-il avoué.

Victor Erofeev se rend souvent à Paris, qu'il connaît par coeur. Ses oeuvres paraissent souvent en France, il a même été nommé Chevalier de l'Ordre des Arts et des lettres en 2006.

Il a cité notamment Michel Houellebecq parmi ses amis écrivains.

Les livres de Victor Erofeev sont connus en Occident. Ils paraissent en Allemagne, en Pologne, aux Pays-Bas, en Hongrie, en France, en Italie, aux Etats-Unis et dans d'autres pays encore. Son roman "La belle de Moscou" a été traduit en 35 langues et "Ce bon Staline" en 17.

Un nouveau livre doit paraître en Russie d'ici janvier 2008.

Fils d'un diplomate de haut rang, Victor Erofeev est né en 1947 à Moscou et a passé une partie de son enfance à Paris. Il a été diplômé de la faculté de philologie de l'Université d'Etat Lomonossov de Moscou. Il a fait ses débuts dans la revue "Voprosy Literatury" et s'est fait remarquer par son essai sur l'oeuvre du Marquis de Sade (1973).

Il a soutenu sa thèse sur le thème "Dostoïevski et l'existentialisme français", parue en 1991 aux Etats-Unis. En 1979, l'écrivain a participé à la publication d'un almanach underground, "Metropol", ce qui lui a valu d'être expulsé de l'Union des écrivains soviétiques. Jusqu'à sa réhabilitation en 1988, la prose d'Erofeev n'a pas été publiée en Russie.

Son premier roman, "La belle de Moscou", déjà traduit en plus de vingt langues, a été publié pour la première fois en Russie en 1990.

18.9.07

Un magnat de l'acier rapatrie en Russie la collection Rostropovitch-Vichnevskaïa

Alicher Ousmanov, PDG de Gazprominvestholding, a racheté les 450 oeuvres d'art collectionnées par le défunt violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch et son épouse, la soprano Galina Vichnevskaïa, annoncent mardi les journaux Vedomosti et Business & Financial Market (B&FM).

La transaction a eu lieu un jour avant la mise aux enchères de la collection, qui contient des chefs-d'oeuvre incontestables, programmée par Sotheby's à Londres les 18 et 19 septembre. L'acquisition a coûté au magnat russe quelque 100 millions de dollars, les estimations initiales s'élevant à 40 millions, selon les experts.

L'homme d'affaires a acheté la collection avec son propre argent pour l'offrir par la suite à l'Etat russe, a déclaré le service de presse du magnat.

La vente de la collection à la veille de la mise aux enchères, alors que le catalogue était déjà prêt, les objets exposés au public et les acheteurs potentiels déjà sur place, est un événement extraordinaire. Le dernier précédent de ce genre date d'il y a trois ans, lorsque le milliardaire Viktor Vekselberg a acheté la collection de joaillerie du magnat américain Malcolm Forbes, comportant neuf oeufs de Fabergé. Le montant de cette transaction n'a jamais été divulgué, mais selon les experts, il a dépassé les 100 millions de dollars. Cependant, la vente a eu lieu un mois avant les enchères, et non pas la veille, comme ce fut le cas avec Alicher Ousmanov.

D'après Dimitri Boutkévitch, expert du marché des antiquités de B&FM, l'un des grands musées de Moscou a proposé il y a quelques semaines de racheter la collection, pour 60 millions de dollars. Mais la transaction n'a pas eu lieu, l'acheteur n'ayant pas pu ou pas voulu payer l'impôt sur les revenus incombant au vendeur. L'expert n'exclut pas que M. Ousmanov ait consenti à payer tant les commissions de la maison d'enchères que l'impôt sur les revenus du vendeur. "Si mes suppositions sont exactes, Ousmanov a payé quelque 100 millions de dollars", a indiqué Dimitri Boutkévitch. La commission de la maison d'enchères s'élève d'habitude à 13-20%, a-t-il rappelé. D'ailleurs, compte tenu de l'importance du lot, le pourcentage a pu être réduit.

Mikhaïl Kamenski, directeur de la filiale russe de Sotheby's, a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un avantage pour le vendeur: il était important pour la famille Rostropovitch et Vichnevskaïa que la collection soit rapatriée en Russie et fasse partie du patrimoine national, que l'acheteur reçoive le soutien du gouvernement russe.

Une source de Vedomosti au Kremlin a émis des doutes quant à certains "souhaits" directs émanant de l'administration du président au sujet de l'acquisition de cette collection.

17.9.07

L'Europe démolit le mythe de la puissance économique américaine

Sensibles aux attributs de grande puissance, les Russes peinent à reconnaître l'Europe comme une grande puissance politique. En revanche, la puissance économique de l'UE, qui ne fait guère de doute, laisse matière à réfléchir.

Si le mythe de la domination économique américaine reste ancré dans tous les esprits, le PIB global des Vingt-Sept a dépassé de 9% celui des Etats-Unis (14.300 milliards de dollars contre 13.100 milliards). L'Europe demeure aussi un puissant cluster industriel: en 2006, les pays membres de l'UE ont produit 213 millions de tonnes d'acier (120% de plus qu'aux Etats-Unis), sorti pour 591 milliards de dollars de produits chimiques (41% de plus) et fabriqué 18,7 millions de voitures (65% de plus). Depuis 1996, la "multinationalité" des firmes européennes, autrement dit la part des ventes à l'étranger et celle du personnel étranger, est plus prononcée que celle des sociétés américaines.

Dans le secteur financier, tout n'est pas aussi simple. En effet, près de 58% des réserves internationales sont stockées jusqu'à présent en dollars. Mais les banques européennes concentrent 41% de tous les dépôts mondiaux, contre seulement 13,5% aux Etats-Unis. L'endettement global des budgets, des sociétés et des ménages européens ne dépasse pas 135% du PIB de l'Europe unie, alors qu'aux Etats-Unis cet indice a atteint presque 320%. En 1997-2006, huit des dix principaux exportateurs nets de capitaux se trouvaient en Europe, tandis que les exportations nettes d'investissements en provenance de France, de Grande-Bretagne et des Pays-Bas se sont élevées à 887 milliards de dollars. Mais cela ne veut pas dire que les capitaux fuient l'Europe. Fin 2006, le volume des investissements étrangers accumulés dans les pays membres de l'UE à quinze se montait à 11.900 dollars par habitant, contre 6.400 dollars aux Etats-Unis, 1.100 dollars en Russie et seulement 580 dollars en Chine.

L'Union européenne d'aujourd'hui est le leader du commerce international. En 2006, les pays européens ont exporté pour 3.200 milliards de dollars de biens et services, dont 1.600 milliards à l'extérieur de l'UE. Au cours de la même période, les exportations américaines se sont élevées à 1.450 milliards de dollars, et celles en provenance de Chine à 994 milliards de dollars. Même le renforcement de l'euro, qui s'est apprécié de 62% par rapport au dollar, n'a pas perturbé les exportations européennes, comme il n'a pas réanimé les exportations américaines.

L'Union européenne est l'agent économique le plus puissant du monde d'aujourd'hui qui se développe de manière intense (la population active n'a progressé que de 8% entre 1973 et 2003 dans l'UE à quinze, contre 69% aux Etats-Unis malgré le taux de croissance économique comparable) et respecte les règles du jeu (les Européens ont gagné trois litiges commerciaux sur quatre face aux Américains dans le cadre de l'OMC). Et si nous traitons l'Europe "économique" avec indulgence, c'est parce qu'on nous a appris ces dernières années à croire aux déclarations au lieu de réagir aux résultats réels. Nous pouvons continuer de nous bercer de l'illusion que Tupolev occupera 10% du marché aéronautique mondial d'ici 2015 et d'évoquer la crise d'Airbus, mais la Russie n'en restera pas moins marginale sur la scène économique internationale, et l'Europe demeurera la principale "force tranquille" (pour reprendre l'expression de François Mitterrand) dans l'économie mondiale.

Oktoberfest: la fête de la bière célébrée en Russie également

Les brasseries russes organisent fin septembre - début octobre une fête de la bière analogue à l'Oktoberfest bavaroise qu'elles désignent du même nom.

Le menu est composé ces jours-là sur la base de la bière bavaroise, mais certains restaurants préparent leurs propres bières. Pour accompagner la bière, des plats traditionnels allemands, tchèques et russes sont offerts.

Le marché russe de la bière s'est accru à des rythmes accélérés dans le premier semestre de 2007. Rien qu'en janvier-mai, la production a augmenté de 30,4% par rapport à la période analogue de 2006, annonce le site de l'Union des brasseurs russes, regroupant 42 brasseries qui contrôlent 90% du marché de la bière en Russie.

Les Moscovites amateurs de bière ont eux aussi leur fête. La 9e Edition du Festival de la bière de Moscou s'est déroulée au mois de juillet au stade Loujniki.

L'événement moscovite est un "enfant" de la célèbre Oktoberfest, organisée en Bavière depuis 150 ans, a déclaré le maire de Moscou, Iouri Loujkov, lors du festival de l'année dernière.

14.9.07

CEI: 20 millions de personnes ont des revenus insuffisants pour faire vivre leur famille

Environ 20 millions de personnes ont des revenus insuffisants pour subvenir aux besoins de leur famille dans les pays de la CEI, a indiqué vendredi Vladimir Chtcherbakov, secrétaire de la Confédération générale des syndicats (VKP) au cours du sixième congrès de la VKP.

"Aujourd'hui, environ 20 millions de personnes ont des revenus insuffisants pour faire vivre leur famille dans les pays de la CEI. Cela suscite de vives inquiétudes, en particulier concernant le faible niveau des salaires dans les logements communaux dans les exploitations des villages, dans le domaine des sciences, de l'éducation, de la santé et dans autres branches budgétaires. Pour beaucoup d'entre eux, les ouvriers des entreprises qui gagnent 300 ou 400 dollars par mois sont riches", a déclaré M. Chtcherbakov.

Selon lui, malgré l'attention permanente accordée par les syndicats à la question de l'emploi, neuf millions de personnes restent sans emploi dans la CEI, majoritairement des femmes et des jeunes.

Cependant, selon la VKP, le taux d'emploi a augmenté et le taux de chômage régressé ces cinq dernières années, grâce à la croissance économique et aux programmes d'emploi gouvernementaux et régionaux, auxquels participe la confédération.

"En cinq ans, le PIB moyen de la CEI a augmenté de 7%, mais la croissance économique a peu d'influence sur l'amélioration du niveau de vie. Il y a plus de 60 millions de "travailleurs pauvres" (moins de 2 dollars par jour). On n'a pas encore remarqué de changements à long terme même dans les pays membres de l'OMC depuis longtemps. Ainsi, 43% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté au Kirghizstan, 52% en Arménie et en Géorgie, 72% en Moldavie. Ce taux ne descend pas en dessous de 27% dans de nombreux pays de la Communauté", a poursuivi le secrétaire de la VKP.

Les syndicats de la CEI se prononcent en faveur d'une importante revalorisation des salaires et demandent que le salaire minimum ne soit pas inférieur au minimum vital.

Selon la VKP, le salaire minimum garanti n'atteint pas le minimum vital dans la majorité des pays de la CEI, à l'exception de la Biélorussie et du Kazakhstan. Il couvre 78% du minimum vital en Azerbaïdjan, 12% au Kirghizstan, 66% en Russie et 81% Ukraine.

La Confédération générale des syndicats, association syndicale régionale et internationale, a pour but de renforcer les activités des organisations de défense des droits sociaux et du travail et de défendre les intérêts des travailleurs dans les pays de la CEI.

JO 2016: sept villes candidates

Sept villes de quatre continents se sont officiellement portées candidates auprès du Comité international olympique (CIO) pour l'organisation des jeux olympiques d'été de 2016.

Les villes candidates avaient jusqu'au 13 septembre pour se faire connaître. Bakou (Azerbaïdjan), Chicago (Etats-Unis), Doha (Qatar), Madrid (Espagne), Prague (République tchèque), Rio de Janeiro (Brésil) et Tokyo (Japon), représentant l'Europe, l'Asie et les deux Amériques, se lancent donc dans la première phase de la compétition.

Le CIO révèlera le nom de la ville hôte le 2 octobre 2009 à Copenhague. Le choix se fera en deux temps. Avant le 14 janvier 2008, les villes concurrentes devront tout d'abord répondre à un questionnaire détaillé du CIO, qui déterminera les villes finalistes. Celles-ci auront ensuite à soumettre leur dossier de candidature au Comité jusqu'au 12 février 2009. En mai-juin 2009, la commission du CIO visitera les différentes villes en lice.

13.9.07

Une maison-musée Charles Aznavour ouvrira ses portes à Erevan

Une maison-musée dédiée au chanteur d'origine arménienne Charles Aznavour ouvrira ses portes à Erevan, a fait savoir à RIA Novosti jeudi le service de presse du gouvernement arménien.

Le gouvernement a décidé d'accorder à la mairie d'Erevan 110 millions de drams (environ 330.000 dollars) qui serviront à financer la construction de la maison-musée.

12.9.07

Un des plus grands centres artificiels de ski alpin d'Europe sera aménagé en Russie centrale

La construction d'une station artificielle de ski alpin et de sports de neige ouverte toute l'année, et l'une des plus importantes d'Europe, d'un coût de près de 200 millions de dollars, a été lancée dans la région de Riazan, à 200 km au sud-est de Moscou, a annoncé l'administration régionale lundi.

"Ce sera un espace skiable couvert et à l'abri des intempéries, à une altitude de 120 m et d'une longueur de 450 mètres, avec une couche de neige artificielle de 40 cm. La construction de trois pistes est prévue: pour le ski, pour le snowboard et pour la luge. Le Snow Centre accueillera 1.400 personnes par jour", a indiqué le porte-parole de l'administration contacté au téléphone.

Un hôtel quatre étoiles, un lotissement de 600 maisons doté des infrastructures nécessaires, un centre de loisirs avec deux restaurants pour 300 et 1.000 places, ainsi qu'un centre aquatique de 2.000 mètres carrés, seront construits à proximité, selon lui.

"C'est un projet d'une grande importance sociale pour la région. Le Snow Centre créera de nouveaux emplois et augmentera les revenus du budget régional", a expliqué le porte-parole de l'administration.

La construction du Snow Centre sera achevée dans un an et demi au maximum. Tous les relevés de terrain ont déjà été effectués, le maître d'oeuvre a été désigné.

"Les travaux de construction dans la zone de la future station sont particulièrement difficiles suite aux particularités du sol. Les représentants des investisseurs assurent toutefois que le calendrier sera respecté", a ajouté le représentant de l'administration de la région de Riazan.

11.9.07

Simulation d'un vol vers Mars: deux Européens et trois Russes participeront à l'expérience

Deux Européens et trois Russes participeront à une expérience visant à préparer les futures missions d'exploration habitées vers Mars, a indiqué à RIA Novosti lundi un porte-parole de l'Institut russe des problèmes biomédicaux.

Le programme principal durera 520 jours. Son lancement est prévu pour la fin de l'année 2008 et sera précédé de deux expériences préliminaires d'une durée respective de 14 et 105 jours (cette dernière aura lieu dans la première moitié de 2008), au cours desquelles les participants vivront en autarcie totale dans des conditions de simulation aussi proches que possibles d'une véritable mission martienne. L'équipage international du programme de 105 jours sera formé d'ici la fin de l'année.

L'institut continue de recruter des volontaires pour le programme de 520 jours.

Les volontaires doivent être âgés de 25 à 50 ans, avoir une formation supérieure et parler couramment anglais. Il est préférable qu'ils soient médecins, biologistes, ingénieurs en informatique.

Les semaines se dérouleront comme à bord de stations spatiales, à savoir selon un cycle de cinq jours de travail et deux jours de repos.

L'équipage aura plusieurs types d'activité: suivi médical, exercices physiques, contrôle et maintenance des systèmes de bord et expériences scientifiques.

Les participants échangeront des informations avec le centre de contrôle par courrier électronique. Leur nourriture sera comparable à celle consommée à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Le tabac et l'alcool seront prohibés.

Football - Euro 2008: la Russie deuxième de la poule E

La Russie occupe la deuxième place de la poule E avec 18 points en éliminatoires pour l'Euro 2008 de football après les matches disputés samedi dernier.

Les Russes ont décroché samedi une victoire convaincante sur les Macédoniens (3-0) dans un match difficile à Moscou. La Grande-Bretagne a battu Israël à Londres sur le même score (3-0). Enfin, les Croates se sont imposés face aux Estoniens à Zagreb (2-0).

La Croatie reste le seul leader de la poule E avec 20 points après 8 matches. Ensuite viennent la Russie avec 18 points et l'Angleterre (17 points). Les équipes de la poule doivent jouer 12 matches en éliminatoires. Mardi, l'Angleterre accueillera la Russie, la Croatie rendra visite à Andorre (0 points) et la Macédoine (7 points) affrontera l'Estonie (3 points) à Skopje.

Une région russe organise une "Journée de la Conception"

Une région de Russie organise ce mercredi une journée de la "Conception" destinée à encourager la naissance d'enfants neuf mois plus tard, le 12 juin, date de la fête nationale russe.

Cette journée très spéciale, intitulée officiellement Journée de la "Communication familiale", a été pensée par le gouverneur de la région d'Oulianovsk (900 km à l'est de Moscou), Sergueï Morozov, pour relancer la natalité dans un pays où la population est en déclin depuis la chute de l'URSS.

Concerts et expositions seront organisés pour promouvoir les valeurs familiales et les employeurs ont été encouragés à offrir un jour de congé à leurs salariés, a indiqué une porte-parole de l'administration régionale.

Les festivités de mercredi sont planifiées neuf mois jour pour jour avant le prochain Jour de la Constitution afin que les mères "puissent dans l'idéal accoucher le 12 juin", a-t-elle poursuivi. Et les parents méritants seront "récompensés", a-t-elle promis.

Le gouverneur d'Oulianovsk s'est déjà illustré en distribuant des prix, allant du téléviseur au véhicule tout terrain, aux femmes ayant mis au monde un enfant le 12 juin 2007.

"Le but est d'améliorer la situation démographique et de soutenir les valeurs familiales", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'un programme de construction et de rénovation de jardins d'enfants était aussi en cours pour aider les familles.

Le quotidien national indépendant Novye Izvestia a rapporté lundi que les habitants de la région avaient déjà baptisé ce mercredi "Journée de la Conception" et que quelques voix dissonantes se faisaient entendre. "Nous sommes descendus si bas que notre gouverneur nous dit quand nous devons concevoir un enfant et le jour où il doit naître", a déclaré un défenseur des droits de l'homme local Alexandre Braguine, cité par le quotidien.

10.9.07

La Russie pourrait compter 145 millions de personnes en 2025

La population russe pourrait atteindre 145 millions de personnes en 2025, soit une augmentation par rapport aux 142,2 millions d'habitants que compte aujourd'hui le pays, a indiqué lundi le premier vice-premier ministre russe Dmitri Medvedev, intervenant lors du Forum mondial de la sécurité sociale à Moscou.

"Dans les trois prochaines années, nous prévoyons une baisse du taux de mortalité naturelle, qui devrait garantir une stabilisation de la population autour de 142-143 millions de personnes en 2015", a-t-il déclaré.

Selon lui, si le travail du gouvernement donne les résultats escomptés, alors les conditions pour atteindre une population de 145 millions de personnes en 2025 seront réunies.

David Cronenberg signe un portrait violent et sensible de la mafia russe

Le réalisateur canadien David Cronenberg dépeint la mafia russe de Londres, avec ses codes d'honneur, sa violence endémique, mais aussi une humanité inattendue dans son nouveau thriller "Eastern Promises", projeté en première au Festival des films de Toronto.

Le cinéaste de "La mouche", "Le festin nu", "Crash" et "Une histoire de la violence", ne fait pas dans la dentelle une nouvelle fois avec ce film dont certaines scènes sanglantes risquent de rester longtemps gravées dans la tête des cinéphiles.

"J'essaie à chaque fois de faire un film le plus déprimant possible", plaisantait le cinéaste canadien samedi, lors d'un point de presse, précisant au passage que s'il était lui-même dépressif, il n'aurait pas l'énergie de diriger ses acteurs.

"A certains moments, je me suis dit il y a trop d'espoir (dans ce film)", a ajouté, souriant, David Cronenberg, flanqué de ses interprètes.

Dans "Eastern Promises", Naomi Watts incarne une infirmière qui entreprend de retrouver les origines d'un bébé né prématurément suite au décès de sa mère, une adolescente russe réduite à l'esclavage sexuel à Londres.

Ses recherches la guident vers un parrain de la mafia russe locale (Armin Mueller-Stahl), qui sous une façade respectable cache un passé insoupçonné, son fils Kirill, interprété par l'acteur français Vincent Cassel et leur chauffeur, joué par Viggo Mortensen.

"Il y a des réalisateurs qui veulent montrer à quel point les gens sont imprévisibles, à quel point la vie est compliquée (...) mais seule une infime minorité y parvient", dit M. Mortensen, vantant le travail de Cronenberg avec qui il a déjà travaillé dans "Une histoire de la violence".

Dans "Eastern Promises", pas de gros plans de Big Ben, de pubs, de Hyde Park, ou de jardins anglais, Cronenberg filme le Londres de la rue, celui des immigrants, des guerres de clan, des ramifications souterraines, des cadavres perdus, ou presque, dans la Tamise.

David Cronenberg "présente Londres telle que vous le voyez rarement au cinéma, même dans les films policiers", a souligné Viggo Mortensen, au coeur d'une scène de combat particulièrement sanglante dans un bain public.

Dans cet univers où la méfiance est loi, seuls les tatouages témoignent de l'origine d'une personne. Chacun d'eux est un chapitre de l'existence, une preuve de la noblesse de sang, de l'appartenance à un clan.

Un peu comme dans "Le parrain" de Coppola, les personnages de Cronenberg jouent dans un anglais cassé, parsemé d'argot des immigrants. "Ma première préoccupation lorsque j'ai commencé le tournage du film était d'être crédible en tant que Russe parlant l'anglais parce que l'anglais n'est pas ma langue maternelle", a affirmé Vincent Cassel.

Ce nouveau cru de Cronenberg doit prendre l'affiche dans une dizaine de jours sur le continent nord-américain, puis prendre la route de l'Europe et notamment de la Russie où le public local devrait être le meilleur juge de l'interprétation de Cassel et Mortensen.

Le Festival international des films de Toronto, le plus important en Amérique du Nord, se poursuit jusqu'au 15 septembre. Contrairement à Cannes, Venise ou Berlin, il n'y a ni compétition ni palmarès ce qui détend l'atmosphère sur place.

Après Cronenberg, l'acteur américain devenu réalisateur Sean Penn doit présenter dans les prochains jours son nouveau film "Into the wild", également une des oeuvres les plus attendues cette année dans la métropole canadienne.

7.9.07

L’immobilier est à un tournant en Russie

Comme des dizaines de millions de ses compatriotes, la Russe de 49 ans a hérité de l’appartement qu’elle habitait au moment de la chute de l’URSS.

Elle n’a pas payé un sou pour son coquet logis de 615 pieds carrés, situé en haut d’une tour bétonnée de Lefortovo, un quartier central de Moscou.

«En 1992, l’appartement valait 10 000$, il y a 10 ans, 70 000$, et maintenant, il vaut environ 300 000$» raconte la travailleuse autonome, debout dans sa petite cuisine vert pomme.

Avec des prix aussi élevés que ceux de Londres et New York dans l’immobilier, Moscou est devenue une ville extrêmement chère.

La tendance à la hausse s’étend peu à peu à la grandeur de la Russie, surtout dans les grandes villes comme Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg.

Contrairement à Lola Topchieva, les gens de la nouvelle génération n’ont pas eu la chance de recevoir un appartement gratuit du gouvernement. Ils doivent payer des fortunes pour se loger –certaines résidences de luxe se louent jusqu’à 40 000$ par mois à Moscou—, et ils n’ont souvent d’autre choix que d’habiter à plusieurs ou demeurer chez leurs parents à long terme.

Les choses pourraient changer. La clé se résume en un mo: hypothèque. À l’heure actuelle, seuls 1% des Russes ont un prêt hypothécaire. Une bonne proportion de banques n’en offre même pas. La dette hypothécaire moyenne est de 44$ par habitant... contre 44 000$ pour le reste de l’Europe!

«L’histoire du marché hypothécaire est très jeune en Russie, raconte Elena Klepikova, responsable du financement de l’habitation pour l’IFC, une branche de la Banque Mondiale. La loi sur les hypothèques a été adoptée en 1998. On est en 2007, donc c’est très facile pour nous de parler d’histoire, parce qu’elle est très courte.»

Plusieurs facteurs ralentissent le développement d’un vrai marché hypothécaire. Le principal problème, c’est qu’il est très difficile de faire des enquêtes de crédit, un frein majeur pour les banques.

Et même si le salaire moyen augmente rapidement (il atteint aujourd’hui 560$ CAN par mois), bien des Russes sont encore payés en tout ou en partie au noir. Leur faible salaire officiel les disqualifie d’emblée pour un prêt.

Le Montréalais Nuri Katz, qui dirige maintenant la firme immobilière Century 21 en Russie, est confiant de voir le marché hypothécaire prendre son envol. Il salive presque lorsqu’il en parle.

«En Russie, plus de 95% des gens possèdent leur appartement libre de toute hypothèque, rappelle-t-il. S’ils étaient capables de financer ces appartements, d’obtenir de l’argent pour ces appartements, ils pourraient injecter dans l’économie des trillions de dollars. C’est plus que le pétrole! C’est stupéfiant de penser à ça.»

L’IFC travaille présentement à développer un guide de «meilleures pratiques» hypothécaires, qui sera remis à toutes les banques russes.

L’organisation a colligé de l’information dans plusieurs institutions financières du monde entier pour préparer son document, dont le Mouvement Desjardins, à Montréal.

L’accès plus facile à une hypothèque permettra à des millions de Russes d’améliorer leurs conditions de vie, croit Elena Klepikova. Ne serait-ce qu’en optant pour un appartement de quatre pièces plutôt que trois.

6.9.07

Un homme d'affaires rapatrie en Russie des dessins animés soviétiques

Le magnat de l'acier et du gaz russe Alicher Ousmanov a acheté une collection de dessins animés culte de l'époque soviétique bradée à une société américaine dans le chaos des années 90, pour l'offrir à une chaîne de télévision publique, a annoncé mercredi son service de presse.

"L'accord d'achat signé par les compagnies le 24 août prévoit le rachat de tous les droits de propriété intellectuelle que le vendeur avait acheté en 1992 et en 1994 au studio d'animation Soyouzmoultfilm", a indiqué un porte-parole de la compagnie de M. Ousmanov, Swinstar Holdings Limited, cité par l'agence Interfax.

A l'issue de cette transaction dont le montant n'a pas été révélé, M. Ousmanov, réputé proche du Kremlin, "transmet la collection et tous les droits de propriété à la chaîne russe pour enfants, Bibigon, à titre gratuit", a ajouté ce porte-parole.

Cette collection de dessins animés, dont la célèbre série sur Tchébourachka, un drôle d'animal aux grandes oreilles, la mascotte de l'équipe olympique russe, adoré par les enfants soviétiques à l'époque de Brejnev, faisaient l'objet de négociations à coups de millions de dollars depuis des mois.

La collection a été rachetée à bas prix dans les années 1990 par la société américaine Films by Jove fondée par Oleg Vidov, ancien acteur et coqueluche des femmes soviétiques, qui a acquis pour trente ans les droits de distribution des meilleurs films d'animation soviétiques dans le monde entier, en dehors de l'ex-URSS.

La somme réclamée par la société américaine pour cette collection s'élevait initialement à 10 millions de dollars, avait fait savoir l'entourage de M. Ousmanov, mais l'oligarque russe l'a trouvé "astronomique".

L'histoire du retour de ces dessins animés en Russie rappelle le rapatriement en 2004 des oeufs du joaillier des tsars Fabergé, rachetés à la famille américaine Forbes par un autre milliardaire russe, Viktor Vekselberg, et exposés au grand public au Kremlin.

Cette bonne action était visiblement destinée à détendre les relations entre le pouvoir et les grands patrons russes, sur fond de poursuites judiciaires contre le groupe pétrolier Ioukos qui ont abouti à l'incarcération de son ancien patron, Mikhaïl Khodorkovski, en octobre 2003.

5.9.07

La Chine offre une encyclopédie en 500 volumes à la Bibliothèque russe

Le fonds de la Bibliothèque d'Etat russe (RGB) s'est enrichi d'une encyclopédie unique en 500 tomes sur l'histoire, la littérature et l'art en Chine, offerte par un membre du Conseil d'Etat chinois, Chen Zhili.

La cérémonie a eu lieu mercredi en compagnie du premier vice-premier ministre Dmitri Medvedev, dans le cadre de l'ouverture du XXe Salon international du livre de Moscou. La Chine est l'invitée d'honneur de l'événement.

Ouvrant la cérémonie, l'ambassadeur chinois à Moscou Liu Guchang a indiqué que ce "recueil impérial de travaux" était publié depuis 1773 sur un ordre de l'empereur en ce sens.

Le diplomate a espéré que ce recueil unique sur la culture chinoise ancienne serait "le nouveau symbole de l'amitié russo-chinoise".

Le directeur général de la RGB, Viktor Fedorov, a confié en recevant ce cadeau que cet ouvrage occuperait une place de choix au centre de littérature orientale de la bibliothèque, où se trouvent une salle et un fonds de littérature chinoise.

M. Fedorov s'est dit persuadé que cette encyclopédie ferait l'objet d'une forte demande, "l'intérêt pour la culture chinoise étant actuellement énorme en Russie".

M. Medvedev et Mme Chen Zhili ont ensuite visité l'exposition chinoise disposée sur plus de 1.000 mètres carrés. Plus de 8.000 livres en russe et en chinois sont exposés sur les étals des éditeurs chinois, parmi lesquels des auteurs russes publiés en Chine et des traductions en russe d'écrivains chinois.

Le premier vice-premier ministre a reçu en cadeau de la part des éditeurs chinois un livre sur un monastère Shaolin, et a promis de le montrer au président Poutine.

De nombreux autres cadeaux leur ont été offerts par les éditeurs russes, notamment un album intitulé Kremlin, par les éditions Belyi Gorod, dont l'auteur des photos n'est autre que le conseiller du président Poutine Sergueï Iastrjembski.

4.9.07

Automobile: le russe AvtoVAZ hésite entre Renault et Fiat

En novembre prochain, le constructeur automobile AvtoVAZ doit choisir entre Renault et Fiat pour désigner son nouveau partenaire stratégique, auquel il cédera une minorité de blocage.

"Dès le mois de mai dernier, AvtoVAZ a obtenu l'accord de principe de Renault pour établir un partenariat, mais cet accord a été rangé dans un tiroir", quand Fiat a avancé "une proposition de rechange", raconte le PDG par intérim du groupe AvtoVAZ, Alexandre Pronine. Selon des sources de Kommersant, les dirigeants de Fiat ont contacté personnellement le directeur général de Rosoboronexport, Sergueï Tchemezov, qui dirige le conseil d'administration d'AvtoVAZ. En juin, M. Tchemezov a déclaré que Fiat lui proposait de racheter les plateformes des véhicules de classe A et B de la firme turinoise et de construire une usine de moteurs d'une capacité de 1,5 million de pièces par an. Selon M. Pronine, un accord similaire était intervenu avec Renault sur la conception conjointe de véhicules économiques de classe B et C et la construction d'une usine de moteurs fabriquant 450.000 unités par an.

La proposition initiale de Renault était plus large: le groupe français envisageait de créer, sur la base du bureau d'études d'AvtoVAZ, un centre d'ingénierie qui soit chargé de la conception de voitures pour l'Europe et les marchés en développement. "Mais comme nous avons tardé à répondre à cette proposition, les Français ont décidé d'établir leur centre en Roumanie", poursuit M. Pronine. "Renault-Nissan a un objectif stratégique, celui de se hisser parmi les trois premiers producteurs automobiles du monde (l'alliance était classée 4e en 2006), ajoute M. Pronine. Ils espèrent y parvenir en créant une alliance Renault-Nissan-AvtoVAZ susceptible de devenir le premier concepteur de véhicules économiques". Au siège de Renault, on s'est abstenu mercredi de donner des commentaires au sujet des négociations avec AvtoVAZ.

Selon des sources de Kommersant au sein d'AvtoVAZ, si l'usine russe conclut avec Renault un accord portant sur la conception d'une plateforme de classe C, cela peut signifier la suspension du projet identique existant avec le canadien Magna. Pour Mikhaïl Pak, analyste à la compagnie financière Kapital, si Magna n'arrive pas à trouver des fournisseurs de composants pour le projet C, AvtoVAZ ne pourra pas maintenir le prix des véhicules autour des 12.000 dollars annoncés. Si le vice-président d'AvtoVAZ, Maxim Nagaïtsev, qui supervise la coopération avec Magna, a promis mercredi la fabrication en série du projet C d'AvtoVAZ et de Magna, Alexandre Pronine n'a pas exclu que les projets communs avec Magna puissent être exploités dans le partenariat avec Renault.

Mikhaïl Pak estime qu'une alliance d'AvtoVAZ avec Renault "serait le scénario le plus logique". "Renault a accumulé la plus grande expérience mondiale en matière de conception de véhicules économiques, estime l'analyste. Avec tout le respect qu'on a pour Magna, cette compagnie a développé jusqu'à récemment des véhicules plus chers."

Moscou et 10 autres villes intéressées par les premiers JO de la jeunesse en 2010

La capitale russe et 10 autres villes ont manifesté leur intérêt à accueillir la première édition des JOJ (Jeux olympiques de la jeunesse) d'été en 2010, a annoncé lundi le Comité international olympique (CIO).

Outre Moscou, la liste des villes candidates à l'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse - réservés aux jeunes de 14 à 18 ans - comprend Alger (Algérie), Athènes (Grèce), Bangkok (Thaïlande), Belgrade (Serbie), Debrecen (Hongrie), Guatemala (Guatemala), Kuala Lumpur (Malaisie), Poznan (Pologne), Singapour (Singapour) et Turin (Italie).

Toutes les villes souhaitant organiser les JOJ de 2010 doivent soumettre leurs dossiers de candidature préparés conformément au questionnaire du CIO avant le 26 octobre 2007. Le 12 novembre, un groupe d'experts du mouvement olympique établira une liste des villes retenues pour prétendre à l'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse. La liste sera soumise pour examen à la commission d'évaluation du CIO. L'élection et l'annonce de la ville hôte auront lieu en février 2008.

3.9.07

La Russie veut installer une base permanente sur la Lune d'ici 2032

La Russie planifie son premier vol habité vers la Lune en 2025 et l'installation d'une base permanente sur ce corps céleste en 2027-2032, a déclaré vendredi le directeur de l'Agence spatiale fédérale russe (Roskosmos) Anatoli Perminov.

"Selon nos évaluations, nous serons prêts à effectuer le premier vol habité vers la Lune en 2025 et à installer et assurer le fonctionnement d'une base habitée sur la surface de la Lune entre 2027 et 2032", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

Les cosmonautes russes devraient pouvoir procéder à "des vols habités vers Mars après 2035", a-t-il ajouté.

M. Perminov a souligné qu'il fallait résoudre un grand nombre de questions avant de parvenir à réaliser un tel projet, dont celle de la sécurité de l'équipage face aux radiations.

"Les vaisseaux actuels n'assurent pas cette protection et l'équipage ne survivrait pas et ne reviendrait pas sur Terre", a-t-il souligné.

La deuxième question est psychologique, celle de la cohabitation de personnes pendant 2-3 ans, a-t-il souligné citant par ailleurs des questions aussi pratiques que le volume qu'occuperaient les réserves alimentaires nécessaires pour un aussi long vol.

Dans un avenir plus proche, la Russie compte avoir achevé d'ici 2015 un nouveau type de vaisseau spatial habité.

Quarante-six ans après le vol de Iouri Gagarine, premier homme dans l'espace, les Russes ont toujours des projets grandioses de conquête de la Lune et de Mars qui se heurtent toutefois aux problèmes financiers dont le secteur se remet à peine après la chute de l'URSS.

"Le budget spatial des Etats-Unis est de 16,8 milliards de dollars et Roskosmos ne dispose que de 1,2 milliard de dollars", a rappelé M. Perminov en affirmant qu'il n'y avait pas de course à la conquête de l'espace.