Le Nouvel An, fête préférée des Russes: cadeaux et gueule de bois garantis!
Vous ne savez peut-être pas encore où, comment ni avec qui vous allez fêter le Nouvel An, mais les sociologues, eux, savent déjà tout. Ce n'est pas un hasard si à la veille de chaque Nouvel An, ils interrogent des centaines de personnes pour savoir comment celles-ci envisagent de célébrer la principale fête de l'année. En effet, le Nouvel An est la fête la plus appréciée et la plus importante pour la majorité écrasante des habitants de la Russie (80%).
Il s'agit en plus de la fête la plus longue de l'année, qui commence le 31 janvier pour ne finir que le 13 janvier (lorsque les Russes célèbrent le Nouvel An selon le calendrier julien - n.d.l.r.). Certains enthousiastes (6%) commencent même déjà à faire la fête lors du Noël catholique.
Eh bien, comment le Russe moyen s'apprête-t-il à faire la fête? La plupart d'entre eux s'en tiennent aux traditions conservatrices: 79% des habitants de la Russie resteront à la maison pour la célébrer en famille, cette fête étant considérée depuis toujours comme familiale. 17% fêteront le Nouvel An chez des amis et seulement 5% des sondés participeront à des fêtes populaires dans la rue.
Lors de cette merveilleuse nuit, les gens penseront à de belles choses. Selon les sondages, un tiers des Russes souhaitent qu'en 2008, tous les problèmes soient résolus et que la chance leur sourie, 38% espèrent que l'année prochaine ne sera au moins pas pire que l'année qui se termine.
Presque deux tiers des sondés boiront du champagne, symbole des fêtes de fin d'année (qui sont plutôt celles de début d'année en Russie, qui célèbre Noël le 7 janvier, selon le calendrier julien), après que le président ait prononcé son discours de félicitations de minuit. Mais ensuite, les Russes passent à d'autres boissons, plus traditionnelles pour la Russie: vodka (35%), vin sec (21%), bière (9%) et eaux-de-vie maison.
A en croire les statistiques, les Russes boivent plus de 68 millions de litres de boissons alcoolisées pendant les fêtes d'hiver. Cela correspond à peu près à un demi-litre par personne, en comptant également les abstinents et les enfants. A propos des enfants: un journal de Vladivostok a réalisé l'année dernière un sondage parmi les élèves des grandes classes, pour constater que 70% d'entre eux buvaient des boissons alcoolisées la nuit du Nouvel An.
Pour deux tiers des Russes, cette fête est inconcevable sans sapin de Noël, naturel ou artificiel. 42% des personnes interrogées mettront des cadeaux sous le sapin. Quant aux cadeaux, l'originalité n'est pas au rendez-vous: ce sont des souvenirs inutiles et les boîtes de chocolats traditionnelles, l'alcool et les parfums détiennent la palme. 83% des citoyens de Russie en offrent aux membres de leurs familles, 38% à des amis, 10% à leurs collègues de travail. Or, étrangement, 68% des Russes en reçoivent en cadeau. Personne d'ailleurs n'arrive à expliquer cette différence de pourcentage. Un Russe sur dix est prêt à dépenser jusqu'à 500 roubles à cette fin (14 euros, alors que le salaire moyen en Russie se chiffre à environ 12.000 roubles - n.d.l.r.), un Russe sur six jusqu'à 1.000 roubles, un tiers de sondés sont prêts à dépenser encore davantage.
Ce sont, bien entendu, les enfants qui attendent les cadeaux avec le plus d'impatience. A la différence des adultes, ils croient encore au Père Noël. Ils désirent le plus souvent un jouet (40%), les enfants plus âgés un téléphone portable (25%), un ordinateur ou un ordinateur portable (11%). 14% des enfants et 19% des adolescents rêvent de recevoir un chien, un chat ou un autre animal de compagnie. Cependant, il y a des désirs originaux: ainsi, l'un des petits sondés a voulu qu'on lui offre "une datcha, une voiture et Janna Frisqué (une chanteuse pop en vogue - n.d.l.r.)".
Cette année, les Russes ont dix jours de vacances. Quelle est leur attitude vis-à-vis d'un tel "cadeau"? Ils ne sont pas unanimes à ce sujet. Certains sont enthousiasmés, se félicitant de la possibilité de se reposer ou de faire un voyage touristique (39%), de passer quelques jours avec leur famille et leurs enfants (19%). Mais il y a également d'autres avis à ce propos. Certains sceptiques affirment qu'un si grand nombre de jours fériés dégénèrent toujours en débauche et beuverie déchaînées (15%). D'autres regrettent leurs grandes dépenses et le fait que l'argent s'épuise trop vite (10%); or comment peut-on fait la fête sans argent?
Les sociologues ont constaté une particularité intéressante: ceux qui pensent que ces vacances d'hiver sont plutôt nuisibles pour le pays sont 1,5 fois plus nombreux que ceux qui sont de l'avis contraire, alors que sur le plan de l'utilité de ces fêtes pour eux-mêmes, bien au contraire, deux fois plus de sondés les considèrent comme profitables.
Quoi qu'il en soit, le marathon des célébrations finira tôt ou tard, et se terminera par ce qu'on appelle le "syndrome d'après-fêtes". La tête vous tourne, l'estomac est en détresse, le compte bancaire est à sec. Rencontrer par hasard votre visage dans le miroir est une tragédie. Selon des études sociologiques, un Russe sur quatre souffrira de la gueule de bois.


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