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6.3.08

L'Ossétie du Sud demande la reconnaissance de Moscou

Les parlements nord-ossète et sud-ossète ont adressé, lors d'une séance conjointe jeudi, un message à l'Assemblée fédérale (parlement) russe, lui demandant de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud.

L'Ossétie du Nord fait partie de la Fédération de Russie, l'Ossétie du Sud recherche la reconnaissance internationale de son indépendance envers la Géorgie. A son tour, Tbilissi estime que l'Ossétie du Sud fait partie de l'Etat géorgien et lui propose une vaste autonomie.

"Nous vous demandons d'examiner la question de la reconnaissance par la Fédération de Russie de l'indépendance de la République d'Ossétie du Sud", peut-on lire dans le message des deux parlements. Dans ce document, les parlementaires se réfèrent au précédent kosovar, après lequel, à leur avis, "la possibilité de régler les conflits régionaux ne se fonde plus uniquement sur les principes de l'intégrité territoriale".

"D'autant plus que principe de l'intégrité territoriale, appliqué à l'Ossétie du Sud, ne contredit pas le droit des nations à l'autodétermination, du fait que les fondements juridiques et réels de la souveraineté de la Géorgie sur le territoire de l'Ossétie du Sud font défaut", rappellent les parlementaires des deux républiques.

Les présidents des deux Osséties, Taïmouraz Mamsourov et Edouard Kokoïty, ont de leur côté adopté un message conjoint aux parlements des deux républiques rappelant le vote, le 6 mars 1993, par le parlement d'Ossétie du Nord, en faveur de la reconnaissance de la République d'Ossétie du Sud.

Cette décision qui avait une "immense portée symbolique", manifestait, selon eux, l'"unité des peuples d'Ossétie", "leur ferme intention d'obtenir la justice historique, imprimant une puissante impulsion aux processus d'intégration entre les deux Osséties".

Les présidents des deux républiques sont sûrs que l' "heure est proche" où l'Ossétie du Sud "sera reconnue de jure".

A l'époque de l'URSS, l'Ossétie du sud avait le statut de région autonome au sein de la République de Géorgie. En 1991, le premier président géorgien, Zviad Gamsakhourdia a annulé ce statut, provoquant un conflit meurtrier. Tbilissi a perdu le contrôle du territoire sud-ossète en 1992. La paix dans la zone du conflit osséto-géorgien est maintenue grâce à un contingent composé de trois bataillons (russe, géorgien et ossète), fort de 500 hommes chacun.

La Commission mixte de contrôle avec des co-présidents russe, géorgien, nord-ossète et sud-ossète est le principal mécanisme de règlement du conflit. Ces derniers temps, Tbilissi met en cause le travail mené dans ce format, mais les autres participants au processus de négociation ne sont pas d'accord avec lui.