Si le dialogue des civilisations est quelque chose de souhaitable, il semble bien qu'il soit aujourd'hui impossible. Le mieux que l'humanité ait réussi à faire ces dernières décennies a été de réunir, à l'initiative d'un certain nombre de pays, un groupe d'experts qui ont noirci des dizaines de pages de bonnes résolutions, qui n'en restent pas moins vides. Quand on voit ce qui se passe en Irak, au Proche-Orient en général, au Darfour, au Pakistan, au Kosovo, en Afghanistan, dans le Caucase, au Sahara occidental, en Somalie, en Iran et en Syrie, toutes ces bonnes intentions ne valent pas un sou. Qui plus est, on sait bien que la liste évoquée ci-dessus est loin de refléter l'ampleur du champ de mines sur lequel nous avançons aujourd'hui.
L'humanité n'a même plus d'endroit pour tenter de régler toutes ces questions: prêtez l'oreille à l'ONU en décrépitude, et vous reconnaîtrez les tous les signes de la respiration de Cheyne-Stokes, symptôme d'une agonie déjà avancée.
Il est facile de constater que tous les points du globe cités plus haut, en feu, en décomposition ou potentiellement explosifs, malgré leur évidente hétérogénéité, ont cependant quelque chose en commun: partout, le facteur musulman y est présent. En 2007, aucun conflit, interne ou avec des peuples ou Etats voisins, n'a été résolu dans le monde musulman. Apparemment, cette année ne nous réserve rien de mieux.
L'idée que l'un des plus grands malheurs du monde contemporain se cache dans l'islam n'est évidemment pas politiquement correcte. Mais cela ne veut pas dire que cette idée est fausse. Essayez donc de nier que, dans une certaine période de l'histoire, le fanatisme chrétien ait représenté une menace pour l'humanité. Rappelez-vous ne serait-ce que les guerres de religion qui ont déchiré l'Europe.
D'autant que si le politiquement correct est une chose indispensable au quotidien, il n'apporte absolument rien dans le cadre d'une analyse sérieuse. Au passage, ce phénomène - la volonté de se couper de la réalité - est déjà un symptôme alarmant. S'il vous reste quelque souvenir de l'histoire, alors vous devez relever que ce phénomène est apparu en Europe occidentale à la veille de chaque catastrophe d'ampleur mondiale. La tendance passionnelle des Européens à s'assoupir dans un café à la mode autour d'un verre d'absinthe a précédé les première et seconde guerres mondiales.
Et l'homme politique d'aujourd'hui redouble de ruse pour apaiser sa conscience, en dissertant sur le fait que le terrorisme contemporain serait "international". Bien sûr, il est international en ce sens qu'on peut trouver dans ses rangs des gens de différentes nationalités, que son financement s'effectue par l'intermédiaire de différents Etats, mais ce raisonnement ne résiste pas à un simple calcul arithmétique. Comptez donc combien les terroristes islamistes ont de morts sur la conscience depuis dix ans, et combien en ont, par exemple, les terroristes de l'ETA. Je ne donnerai aucun chiffre, dans la mesure où chaque vie humaine est unique, mais, croyez-moi, ces deux ordres de grandeur sont incomparables.
L'argument selon lequel beaucoup de musulmans sont eux-mêmes victimes du terrorisme n'est pas plus convaincant. On peut et on doit regretter ces victimes innocentes, mais cela ne change en rien le fait qu'au volant de la voiture piégée qui a foncé sur la foule se trouvait un kamikaze islamiste.
Accuser le Coran de tous ces maux serait cependant une bêtise monumentale. Le Coran, tout comme la Torah et la Bible, comporte il est vrai beaucoup de contradictions. Ce qui signifie qu'en cherchant bien, chacun pourra y trouver ce qu'il veut. Les défenseurs de l'islam ne cessent de rappeler, par exemple, que Mahomet avait interdit à ses disciples de toucher aux "gens du livre", c'est-à-dire aux juifs et aux chrétiens.
Cependant, et il faut le regretter, ce n'est pas ce sage précepte du prophète qui détermine aujourd'hui l'évolution réelle de l'islam. Le kamikaze potentiel, sous le contrôle vigilant d'un mollah, lit attentivement des passages bien différents, où l'on considère juifs et chrétiens comme des infidèles. Et le Coran est très clair sur le comportement à adopter face aux infidèles, il faut mener contre eux une véritable guerre. Alors on fait la guerre, avec les moyens du bord.
Comme l'a fait remarquer à juste titre le philosophe musulman Ali Apcheroni: "Que d'élèves proclament des bêtises au nom d'Allah!".
C'est donc qu'il faut se battre non contre Allah ou le prophète Mahomet, mais contre cette vermine guerrière dont les chefs se présentent comme les véritables interprètes de l'islam. Ces interprètes sont une multitude dans le monde d'aujourd'hui. Aussi triste que cela soit, il faut bien reconnaître que, dans la lutte pour l'âme de ses fidèles, le mollah intelligent perdra toujours face au mollah fanatique. C'est donc contre ces mollahs fanatiques qu'il faut se battre de toutes nos forces, en laissant tranquilles, une bonne fois pour toutes, Allah et le Coran.
L'Europe occidentale, je suppose, n'a pas encore laissé passer sa chance de résister à cela. La vieille chrétienté européenne, ayant perdu son énergie d'antan, abandonne ses positions pas après pas. Il y a, bien sûr, deux autres raisons. Premièrement, l'Europe craint comme la peste les attentats terroristes et les désordres publics. Deuxièmement, elle ne cesse pêcher par gourmandise, en cherchant à tout avaler, y compris l'indigestible Kosovo. En perspective, il y a aussi la Turquie, qui est à elle seule capable de digérer toute l'Europe occidentale, pour peu qu'on lui ouvre grand les portes.
Selon The Times, l'année dernière, le prénom masculin le plus répandu en Grande-Bretagne, "Jack", était talonné par "Mohamed". En 2008, selon les prévisions du journal, ce dernier prendra la première place. Le primat de l'Eglise anglicane, ayant bien observé l'état actuel de la rue anglaise, a déjà proposé d'introduire dans le pays ne serait-ce que quelques éléments de la charia. Il faut bien s'adapter aux nouvelles réalités...
Mais venons-en à la Russie. Nous sommes tellement habitués aux réflexions berçantes sur la coexistence traditionnellement paisible des confessions non moins traditionnelles dans notre pays que nous avons tendance à oublier une chose fondamentale: toute tradition n'est valable que tant que le lien entre les époques n'est pas coupé. La force d'une tradition est dans sa permanence. Regardez donc, par curiosité, les sites Internet russes musulmans, orthodoxes et juifs.
On peut aussi jeter un oeil à ce qui se produit sur le plan judiciaire. Une certaine Mme Khamidoullina, par exemple, s'appuyant sur le soutien de l'organisation "Héritage islamique de la Russie", exige très sérieusement des autorités judiciaires que le refus de reconnaître Mahomet comme prophète véritable du Dieu véritable soit juridiquement qualifié d'acte extrémiste. Cette dame, je l'espère, n'aura pas gain de cause, mais la simple tentative d'assimiler à de l'extrémisme l'orthodoxie et toutes les autres religions à l'exception de l'islam est pour le moins évocateur.
Surtout dans le contexte actuel où, dans les madrasas ou sur les sites islamiques, circulent souvent des informations qui non seulement contredisent la tradition de tolérance religieuse en Russie, mais portent atteinte au régime politique en vigueur. Par exemple, une récente décision d'un tribunal de Samara a reconnu comme "extrémiste" un site web intitulé "L'Islam tel qu'il est". Le site a été interdit et l'imam de la mosquée locale a reçu un avertissement. La requête de Mme Khamidoullina n'est donc pas un fait isolé, elle fait partie d'une confrontation déjà engagée.
Dans un tel contexte, il n'est pas étonnant non plus que le missionnaire orthodoxe Daniil Sysoïev ait commencé à recevoir des lettres dans lesquelles on le menace de lui trancher la tête. Au regard de l'exemple tchétchène, cela ne ressemble pas à de vulgaires plaisanteries.
Comme toujours quand il est question d'attaques contre les "impies", le tristement célèbre mufti Nafigoulla Achirov n'est pas loin. Rien ne semble jamais l'inquiéter. Ce coprésident du Conseil des muftis a salué le séparatisme tchétchène, ou encore la destruction par les talibans des monumentales statues de Buddha en Afghanistan, a exigé des autorités russes de retirer de tous les documents officiels les représentations de Saint-Georges, et a bien évidemment réfuté le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.
A la suite de sa dernière déclaration, la Fédération des communautés juives a gelé tous ses contacts avec le Conseil des muftis. Une réconciliation formelle n'est intervenue que grâce à la médiation de la Chambre civile. Ils ont fait la paix, admettons. Mais la blessure est encore bien vivante, comme l'est M. Achirov dans notre vie sociale.
Il n'est pas étonnant que les orthodoxes commencent à perdre patience. Andreï Kouraïev, professeur de l'Académie religieuse de Moscou, a récemment réagi avec une grande fermeté aux sorties intempestives de Nafigoulla Achirov: "Il ne faut pas nous prendre pour des adeptes de Tolstoï. Il faut appeler un mufle un mufle et savoir le faire taire".
Jugez par vous-même de la traditionnelle tolérance religieuse qui règne en Russie.